De retour d'Al Hoceïma où j'ai passé quelques jours pour le boulot. Ma première fois. Souvent, j'ai eu l'impression d'être dans un autre pays. Je ne comprends pas tout à fait leur arabe, encore moins le tarifit. Les jeunes portent des tee-shirts avec les symboles amazigh, des pendentifs, écoutent de la musique différente aussi, etc.
Une minute après lmoghrob, certains de ces jeunes quittent leurs maisons pour fumer du bon kif local. Ils n'oublient pas d'en proposer aux touristes, par exemple de pauvres journalistes en visite pour quelques jours.
Moi qui n'aime pas la Méditerranée (enfin je préfère les océans aux mers en général), je suis "tombée en amour" avec les plages locales, surtout Quemado. Ya salam.
Le retour a été fascinant. On a pris les routes hors petit-routard. Le stop par Ketama a été instructif et parfumé.
A bientôt, pour une nouvelle correspondance.
Tuesday, October 03, 2006
Tuesday, September 26, 2006
Monday, September 25, 2006
Everyday is today
Je n’ai pas été déçue par l’équinoxe. Mon cœur enturquoisé dit que « lb7ar dayer lagroune ». J’adore cette expression. Même le ciel est coupé en deux. Ness mremdene ou ness fer7ane.
On était posés sur le sable. En fait, dans le sable. Manu et Halim faisaient voler un énorme cerf-volant bleu. Abdellatif se faisait courtiser. Hamid m’a parlée un petit moment pour me dire que les sacrifices qu’il a fait n’ont servi à rien : son père est décédé et il a dû lâcher ses études pour aider sa famille à subsister. Manu me dit qu’il a intégré l’armée de l’air et qu’il s’est même pacsé. « O. Tiyara » nous raconte comment un seul prof, à l’école de formation hôtelière, lui a donné envie de se surpasser dans son boulot. Si rare.
Zoom arrière. C’est comme si j’étais jamais partie. Tiyara me dit : « nti mazala Casa, sa7afa » ? Comme si j’étais jamais partie.
Mais si, je suis partie. Et ouais ça me dérange que des p’tits cons pissent du haut du pont sur les voitures qui filent sur l’autoroute. J’en ai voulu aux deux mecs qui ont essayé de me voler mon portable jusqu’à ce qu’une voiture leur rentre dedans devant mes yeux.
Zoom avant, sur les visages des petites filles qui traversent la voie pour aller à l'école en se tenant par la main. Elles ont des tabliers roses et des traits qui pourraient sortir du Schezuan. Un mec sur une 103 roule sur le quai. Il fait de grands signes à un autre qui garde des chèvres. Des ouvriers travaillent sur la voie, au loin, puis bougent lentement en voyant le train approcher. Paris-Texas.
C'est le matin et les premières classe s'informent sur les holdings royaux dans TelQuel. D'anciens camarades de collège, autrefois beaux gosses, aujourd'hui aux crânes dégarnis, fanés et ventrus, entament une deuxième mi-temps d'une courte nuit, la bouche ouverte. D'autres finissent une présentation powerpoint. Et j'écoute Hit Radio en rêvant aux regards du Schezuan.
On était posés sur le sable. En fait, dans le sable. Manu et Halim faisaient voler un énorme cerf-volant bleu. Abdellatif se faisait courtiser. Hamid m’a parlée un petit moment pour me dire que les sacrifices qu’il a fait n’ont servi à rien : son père est décédé et il a dû lâcher ses études pour aider sa famille à subsister. Manu me dit qu’il a intégré l’armée de l’air et qu’il s’est même pacsé. « O. Tiyara » nous raconte comment un seul prof, à l’école de formation hôtelière, lui a donné envie de se surpasser dans son boulot. Si rare.
Zoom arrière. C’est comme si j’étais jamais partie. Tiyara me dit : « nti mazala Casa, sa7afa » ? Comme si j’étais jamais partie.
Mais si, je suis partie. Et ouais ça me dérange que des p’tits cons pissent du haut du pont sur les voitures qui filent sur l’autoroute. J’en ai voulu aux deux mecs qui ont essayé de me voler mon portable jusqu’à ce qu’une voiture leur rentre dedans devant mes yeux.
Zoom avant, sur les visages des petites filles qui traversent la voie pour aller à l'école en se tenant par la main. Elles ont des tabliers roses et des traits qui pourraient sortir du Schezuan. Un mec sur une 103 roule sur le quai. Il fait de grands signes à un autre qui garde des chèvres. Des ouvriers travaillent sur la voie, au loin, puis bougent lentement en voyant le train approcher. Paris-Texas.
C'est le matin et les premières classe s'informent sur les holdings royaux dans TelQuel. D'anciens camarades de collège, autrefois beaux gosses, aujourd'hui aux crânes dégarnis, fanés et ventrus, entament une deuxième mi-temps d'une courte nuit, la bouche ouverte. D'autres finissent une présentation powerpoint. Et j'écoute Hit Radio en rêvant aux regards du Schezuan.
Friday, September 22, 2006
Pirates of the Casableecans
Le piratage est dans les news, avec cette nouvelle campagne du gouvernement publicisant les punitions prévues par la loi à l'encontre des "pirateurs" (je vous jure qu'on me l'a sortie un jour, celle-là) et les clients. Car, figurez-vous que vous pouvez être arrêtés pour avoir craqué sur Rabbi Jacob qui vous faisait de l'oeil à la joutia. C'est ce que m'a affirmée un ami, communicator pour raisons alimentaires et grand faiseur de choses et de mots.
Et donc, voilà que le gouvernement marocain, soudain -je répète: soudain- arrête et saisit des Adil Imam, des Gad el Maleh, des intégrales MP3 d'Oum Kalthoum. En tout et pour tout, 1.5 millions de CD piratés ont été confisqués.
Maintenant, pour combien de temps cela va-t-il continuer? Le gouvernement est-il assez naïf pour croire que ça va dissuader les gens? Vont-il chercher à soigner le mal à la racine, chez les compagnies qui fabriquent les CD piratés? Et enfin, la question que l'on se pose tous: à quand le DVD collector original director's cut du Parrain à 30 DH?
Et donc, voilà que le gouvernement marocain, soudain -je répète: soudain- arrête et saisit des Adil Imam, des Gad el Maleh, des intégrales MP3 d'Oum Kalthoum. En tout et pour tout, 1.5 millions de CD piratés ont été confisqués.
Maintenant, pour combien de temps cela va-t-il continuer? Le gouvernement est-il assez naïf pour croire que ça va dissuader les gens? Vont-il chercher à soigner le mal à la racine, chez les compagnies qui fabriquent les CD piratés? Et enfin, la question que l'on se pose tous: à quand le DVD collector original director's cut du Parrain à 30 DH?
Tuesday, September 19, 2006
Scouila
Je regardais tout à l'heure un reportage sur la violence à l'école. C'était parfois très émouvant, surtout lorsque des enfants parlaient de coups assénés par leurs professeurs, sur les mains, les pieds, avec des compas, des bouts de caoutchouc, etc. Ils parlaient aussi de cette torture psychologique dont on maîtrise si bien l'art au Maroc. "7mar, nta ma kateswach", "mkellekh". Yavait une psychologue qui analysait le discours des enfants. Il y en avait un qui disait que le professeur ne le battait que si il faisait une faute grave, qu'il ne comprenait pas quelque chose ou qu'il n'arrivait pas à se souvenir d'une formule, d'un texte.
Moi, je ne me souviens pas d'avoir vraiment pris des coups à l'école, ptêtre 6-10 coups à la mistara au primaire. Par contre, aucune mémoire, incapable de retenir la moindre ma7fouda. J'avais cette prof, qui s'appelait Miloudia. Elle aimait beaucoup mes essais mais détestait mon inaptitude à garder un vers de poésie en tête. C'était un véritable problème. Chaque semaine, le même topo, elle m'appelle, je me lève, je dis que je ne sais pas, elle me sebben, je me rassois. Un jour, elle me prévint: la semaine prochaine, si je te dis de réciter et que tu ne sais pas, c'est un zéro à l'oral. Je passai toute une soirée à essayer de me concentrer sur le poème "Assa3a", décorée d'un ersatz de dessin d'horloge, je me souviens. Je trouvais le poème insipide et débile. Quelques heures plus tard, à regarder mes orteils et à chanter Ace Of Base, je baissai les bras: il me fallait un plan machiavélique.
Le lendemain, cinq minutes avant le début du cours, je tremblais: j'étais foutue. Je tapais du poing sur la table lorsque j'ai été illuminée: la table! Je recopiai à la hâte ce que je pouvais. Miloudia s'avançait déjà avec son interminable queue de cheval rousse se balançant dans son dos. Deux minutes plus tard, j'entends mon adorable prénom prononcé avec la plus grande des tendresses. Je me lève, penaude. Elle me lance un: "3erdi!". J'hésite puis commence: "3aqaribou assa3a", etc. en lisant mon écriture sur la table, digne d'un médecin russe. Arrivée au deuxième quatrain, Miloudia m'arrête, stupéfaite de mon "accomplissement". Ca tombait bien, je n'avais pas eu le temps de recopier le reste. Ca m'a sauvée cette fois-là, mais j'ai quand-même eu un 3,5 en tarbia islamia. Heureusement qu'il y avait un 17 en éducation physique. Sacrée éducation.
Moi, je ne me souviens pas d'avoir vraiment pris des coups à l'école, ptêtre 6-10 coups à la mistara au primaire. Par contre, aucune mémoire, incapable de retenir la moindre ma7fouda. J'avais cette prof, qui s'appelait Miloudia. Elle aimait beaucoup mes essais mais détestait mon inaptitude à garder un vers de poésie en tête. C'était un véritable problème. Chaque semaine, le même topo, elle m'appelle, je me lève, je dis que je ne sais pas, elle me sebben, je me rassois. Un jour, elle me prévint: la semaine prochaine, si je te dis de réciter et que tu ne sais pas, c'est un zéro à l'oral. Je passai toute une soirée à essayer de me concentrer sur le poème "Assa3a", décorée d'un ersatz de dessin d'horloge, je me souviens. Je trouvais le poème insipide et débile. Quelques heures plus tard, à regarder mes orteils et à chanter Ace Of Base, je baissai les bras: il me fallait un plan machiavélique.
Le lendemain, cinq minutes avant le début du cours, je tremblais: j'étais foutue. Je tapais du poing sur la table lorsque j'ai été illuminée: la table! Je recopiai à la hâte ce que je pouvais. Miloudia s'avançait déjà avec son interminable queue de cheval rousse se balançant dans son dos. Deux minutes plus tard, j'entends mon adorable prénom prononcé avec la plus grande des tendresses. Je me lève, penaude. Elle me lance un: "3erdi!". J'hésite puis commence: "3aqaribou assa3a", etc. en lisant mon écriture sur la table, digne d'un médecin russe. Arrivée au deuxième quatrain, Miloudia m'arrête, stupéfaite de mon "accomplissement". Ca tombait bien, je n'avais pas eu le temps de recopier le reste. Ca m'a sauvée cette fois-là, mais j'ai quand-même eu un 3,5 en tarbia islamia. Heureusement qu'il y avait un 17 en éducation physique. Sacrée éducation.
Sunday, September 17, 2006
Winds of change
J'aborrhe les rentrées scolaires, les mines défaites des papas découragés par le prix du pastel turquoise; indispensable à l'éducation artistique de nos jeunes. Je répugne les longues listes d'attente au Marjane, les cahiers Sindbad, les équerres qui piquent l'as de coeur. Je déteste les courses pour les cartables que l'on trimbalera toute l'année. J'en veux au soleil qui se couche de plus en plus tôt. Je ne supporte pas toute la frénésie "heureuse" de l'événement, surtout depuis que l'on a ramené Tagadda pour donner aux gens l'envie de suivre les études de leurs gosses de près.
Par contre, toute cette fouda m'a vidée mon espace de jeux préféré: la plage. Seuls les vieux et les chômeurs de mon espèce peuvent profiter du moment le plus fabuleux de l'année: l'équinoxe.
Bon, c'est seulement le 23 septembre que je me réjouirai réellement, mais l'océan a d'ores et déjà changé de gueule. Les vagues sont de vraies vagues, le vent est là en force, la couleur de l'eau a viré au turquoise. Hier, les potes ont organisé un championnat de surf pour les éliminations du championnat du Maroc. Ils sont vraiment doués. C'est la passion. J'ai vu une planche seconde main à 2800 DH. Peut-être un jour prochain.
Par contre, toute cette fouda m'a vidée mon espace de jeux préféré: la plage. Seuls les vieux et les chômeurs de mon espèce peuvent profiter du moment le plus fabuleux de l'année: l'équinoxe.
Bon, c'est seulement le 23 septembre que je me réjouirai réellement, mais l'océan a d'ores et déjà changé de gueule. Les vagues sont de vraies vagues, le vent est là en force, la couleur de l'eau a viré au turquoise. Hier, les potes ont organisé un championnat de surf pour les éliminations du championnat du Maroc. Ils sont vraiment doués. C'est la passion. J'ai vu une planche seconde main à 2800 DH. Peut-être un jour prochain.
Eggs Benedict
Benedict XVI est impardonnable. Je viens de voir son intervention du dimanche en direct. Les musulmans lui avaient demandé des excuses. Non seulement il ne s'est pas excusé mais en plus, il s'est dit "choqué" de la réaction des musulmans de par le monde. Ben voyons. Tu prends un texte brumeux qui date du Moyen-Âge, tu cites quelqu'un décrivant le prophète comme le plus monstrueux des hommes, tu ne prends pas du tout en considération un contexte international pas du tout délicat, tu balances ça dans la gueule d'un miliard et demie de personnes et tu te dis "choqué".
Un pape sans charisme et totalement ignorant de la mesure de ses actes, c'est tout ce dont le monde avait besoin.
Un pape sans charisme et totalement ignorant de la mesure de ses actes, c'est tout ce dont le monde avait besoin.
Friday, September 15, 2006
Zyagha du weekend
Je confirme ma réputation (hyper justifiée) de frimeuse en m'enorgueillissant de l'espace qu'on nous a donnés sur le site de CNN. Le programme s'appelle Beyond the Front Lines, vous pouvez le voir au milieu de la page, j'ai même pu voir mon reportage (réduit de 14 à 5 minutes dois-je préciser) et qui s'appele "Winning hearts and minds". On peut même voir ma charmante gueule joufflue serrée dans une casquette kakie au milieu de la chose. Je conseille vivement les deux autres reportages; absolument excellents et visibles même dans un minable cyber de Skhirat. On vient de me dire que le programme sera diffusé en simultané sur CNN International, j'essaierai donc de le capter, narcissisme oblige.
A part ça, "Divided We Stand", mon petit bébé bosniaque, est lui aussi en ligne.
A part ça, "Divided We Stand", mon petit bébé bosniaque, est lui aussi en ligne.
Tuesday, September 12, 2006
Non merci
J'ai découvert que mon nouveau téléphone avait des modèles SMS pré-enregistrés, au cas où on n'aurait pas le temps de taper un message pour dire: "je suis en réunion", "je te rapelle", etc. Ca peut faire gagner du temps. Il y a également un autre message-modèle qui dit: "je t'aime aussi". C'est rigolo comme la vie appelée "moderne" nous fait recourir à des messages pré-enregistrés pour dire des choses aussi importantes de la même manière que l'on dirait: "passe-moi le sel". Pathétique.
Tous les jours, je trouve un million de raisons d'écarquiller les yeux, que j'ai déjà bien grands. Comme la vision de ce grand, que dis-je, immense homme politique, à ce mariage, avec un bout de bastila un peu trop grand pour sa bouche. Ca tombait mal que l'autre zaïm du parti frère choisisse justement ce moment précis pour venir saluer le mounadil. Le premier a dû s'essuyer la main dans le pli de son costard.
Une fête de mariage donne d'ailleurs lieu à une foultitude d'observations aussi attendues que légendaires. J'ai vu le cousin de la mariée convaincre sa mère en trente secondes chrono de la nécessité vitale d'aller se présenter à une créature en caftan rose. J'ai vu une célébrité journalistique montrer toutes les dents de son dentier à ces dames. J'ai vu des invités qui n'ont pas quitté le bar de la soirée. Je me suis vue devenir à mon tour un crabe aux pinces applaudissantes.
De la fenêtre de la cuisine, j'ai vu d'autres choses, comme ce bonhomme entraîner une fille voilée entre les maisons pour une étreinte furtive. C'est beau, l'amour clandestin.
Enfin, j'ai vu des bloggeurs encore plus passionnants que leurs blogs en vrai.
Je garderai les yeux ouvert. C'est génétique, au Maroc.
Tous les jours, je trouve un million de raisons d'écarquiller les yeux, que j'ai déjà bien grands. Comme la vision de ce grand, que dis-je, immense homme politique, à ce mariage, avec un bout de bastila un peu trop grand pour sa bouche. Ca tombait mal que l'autre zaïm du parti frère choisisse justement ce moment précis pour venir saluer le mounadil. Le premier a dû s'essuyer la main dans le pli de son costard.
Une fête de mariage donne d'ailleurs lieu à une foultitude d'observations aussi attendues que légendaires. J'ai vu le cousin de la mariée convaincre sa mère en trente secondes chrono de la nécessité vitale d'aller se présenter à une créature en caftan rose. J'ai vu une célébrité journalistique montrer toutes les dents de son dentier à ces dames. J'ai vu des invités qui n'ont pas quitté le bar de la soirée. Je me suis vue devenir à mon tour un crabe aux pinces applaudissantes.
De la fenêtre de la cuisine, j'ai vu d'autres choses, comme ce bonhomme entraîner une fille voilée entre les maisons pour une étreinte furtive. C'est beau, l'amour clandestin.
Enfin, j'ai vu des bloggeurs encore plus passionnants que leurs blogs en vrai.
Je garderai les yeux ouvert. C'est génétique, au Maroc.
Thursday, August 31, 2006
Tuesday, August 29, 2006
Faites vos jeux...
Il pleut à verse. Ca n'arrête pas. Je ne veux pas me changer. Je ne veux pas manger. Je ne veux pas sortir. (Sympathique, Pink Martini)
Une cigarette sous le pont, à côté du clochard. Je n'ai même plus peur.
Rien ne s'est passé comme prévu et je le regrette tellement; I wish I had been stronger, for so many things. I wish I could find the words that you could listen to, not only hear.
J'ai l'impression d'être dans une partie de tennis et où que je soie sur le court, je me ramasse la balle en plein dans le front. Mal au crâne.
You are blind to the striking light.
Une cigarette sous le pont, à côté du clochard. Je n'ai même plus peur.
Rien ne s'est passé comme prévu et je le regrette tellement; I wish I had been stronger, for so many things. I wish I could find the words that you could listen to, not only hear.
J'ai l'impression d'être dans une partie de tennis et où que je soie sur le court, je me ramasse la balle en plein dans le front. Mal au crâne.
You are blind to the striking light.
Sunday, August 27, 2006
"Start spreading the news"
Je suis arrivée il y a quelques jours à New-York, pour l'enregistrement avec CNN, et pour d'autres choses. Il ne fait pas trop chaud et j'aime bien cette fin d'été-début d'automne qui ne ressemble à rien, comme mon cerveau.
Bref, après plusieurs hésitations, le dress-code pour CNN était jean et pull marron. Je n'ai qu'un seul tailleur et je le sentais pas pour ce coup-là. Anderson Cooper portait une très belle cravate mauve (purple, Houda!) et est décidément très, très beau. Je crois que j'ai bafouillé, longtemps, mais je ne me souviens pas de ce que j'ai dit. Tant mieux. Sinon, ça me hanterait pour longtemps.
Mes amis et moi avons été gâtés de prévenance chez CNN et c'est vrai que la salle, les salles de rédaction donnent très, très envie. Quelqu'un ici connaît le recruteur?
Sinon, j'ai vu Little Miss Sunshine et c'est un très très bon film. Il y a une expo de Zaha Hadid au Guggenheim, à laquelle j'irai jeter un oeil.
La vie est bizarre. Et le temps passe très vite. Les silences me pèsent sur la paupière droite.
Bref, après plusieurs hésitations, le dress-code pour CNN était jean et pull marron. Je n'ai qu'un seul tailleur et je le sentais pas pour ce coup-là. Anderson Cooper portait une très belle cravate mauve (purple, Houda!) et est décidément très, très beau. Je crois que j'ai bafouillé, longtemps, mais je ne me souviens pas de ce que j'ai dit. Tant mieux. Sinon, ça me hanterait pour longtemps.
Mes amis et moi avons été gâtés de prévenance chez CNN et c'est vrai que la salle, les salles de rédaction donnent très, très envie. Quelqu'un ici connaît le recruteur?
Sinon, j'ai vu Little Miss Sunshine et c'est un très très bon film. Il y a une expo de Zaha Hadid au Guggenheim, à laquelle j'irai jeter un oeil.
La vie est bizarre. Et le temps passe très vite. Les silences me pèsent sur la paupière droite.
Sunday, August 20, 2006
Friday, August 18, 2006
Sin City
Petit voyage eclair, un peu improvise a la derniere minute, a Las Vegas. Allez, j'avoue que j'ai aime un peu plus que prevu, choyee que j'etais par une tonne d'amour familial. Photos a venir bientot car oublie cable USB.
Ya tellement de monde que tu te demandes si ils ont pas de vie, ces gens-la (moi compris!). La gallerie du Caesar's Palace est merveilleuse et le sac brique 3 dimensions sur lequel j'ai craque jusqu'au dernier vaisseau sanguin de mon petit coeur etait a 1420 dollars. Bon, le vrai fendement du coeur etait en face du Bellagio Hotel (d'ou on esperait voir sortir un Brad, un George ou un Andy, en tournage de Ocean's 13, helas en vain). Un merveilleux spectacle aquatique sur du Boccelli m'a laissee sans voix et a fait couler des petites larmes. Je n'imaginais pas que Vegas pouvait etre un (peu) romantique. Video de la chose a venir avec cable USB en question.
A part ca, les casinos m'ont semble sans aucun interet. Aucun. Et il parait qu'ils ont ramene des gens de Jamaa Lafna a l'hotel ou on est pour les trucs-machins-choses a la Marocaine, mais je ne pense pas que j'aurai le temps d'aller voir.
Bon, Vegas, c'est a voir, en sejour eclair.
Dodo plein de lumieres.
Ya tellement de monde que tu te demandes si ils ont pas de vie, ces gens-la (moi compris!). La gallerie du Caesar's Palace est merveilleuse et le sac brique 3 dimensions sur lequel j'ai craque jusqu'au dernier vaisseau sanguin de mon petit coeur etait a 1420 dollars. Bon, le vrai fendement du coeur etait en face du Bellagio Hotel (d'ou on esperait voir sortir un Brad, un George ou un Andy, en tournage de Ocean's 13, helas en vain). Un merveilleux spectacle aquatique sur du Boccelli m'a laissee sans voix et a fait couler des petites larmes. Je n'imaginais pas que Vegas pouvait etre un (peu) romantique. Video de la chose a venir avec cable USB en question.
A part ca, les casinos m'ont semble sans aucun interet. Aucun. Et il parait qu'ils ont ramene des gens de Jamaa Lafna a l'hotel ou on est pour les trucs-machins-choses a la Marocaine, mais je ne pense pas que j'aurai le temps d'aller voir.
Bon, Vegas, c'est a voir, en sejour eclair.
Dodo plein de lumieres.
Wednesday, August 16, 2006
Aller simple
"J'ai paye 1500 dollars pour venir me sentir comme un etranger". Arrive au sol du watane al habib, il se felicita d'avoir pris un avion avec escale en Europe et non pas l'avion de la RAM qui vient de New-York charge de tous les phenomenes sociaux qui lui ont donne envie de changer de passeport.
Il etait attendu, fete, celebre comme un butin, montre aux yeux de tous comme une bague de fiancailles, lui, le "modele" qui a reussi aux States.
Mais ce qu'il a craint s'est produit: constamment entoure, il ne s'en est senti qu'effroyablement seul. Lorsqu'il vivait au pays deja, il se sentait different. Different de tous les points de vue. Peut-etre parce qu'il etait un peu plus intelligent, un peu plus cultive, un peu moins beau que H. et tabaqa. Il sortait du lot et c'est pour ca qu'il aimait tellement les Etats-Unis ou tout le monde est un peu un "hors-cadre", "hors-jeu", "hors-lieu", pas exactement chez lui et pourtant tellement chez lui, plus chez lui que n'importe ou d'autre. Le pays ou il venait de rentrer pour la premiere fois en beaucoup de temps, n'etait plus qu'une semantique de souvenirs decousus. Meme ses parents. Meme ses potes du lycee, de gros mecs qui transpirent au cafe en lui demandant combien coute le metre carre la ou il vit, parce qu'ils "veulent investir", aux USA c'est plus sur. Faut rien risquer au Maroc. "Et puis, t'as bien fait de partir". En rentrant a lmirikane, il se disait que c'etait ce qui lui etait arrive de mieux.
Il etait attendu, fete, celebre comme un butin, montre aux yeux de tous comme une bague de fiancailles, lui, le "modele" qui a reussi aux States.
Mais ce qu'il a craint s'est produit: constamment entoure, il ne s'en est senti qu'effroyablement seul. Lorsqu'il vivait au pays deja, il se sentait different. Different de tous les points de vue. Peut-etre parce qu'il etait un peu plus intelligent, un peu plus cultive, un peu moins beau que H. et tabaqa. Il sortait du lot et c'est pour ca qu'il aimait tellement les Etats-Unis ou tout le monde est un peu un "hors-cadre", "hors-jeu", "hors-lieu", pas exactement chez lui et pourtant tellement chez lui, plus chez lui que n'importe ou d'autre. Le pays ou il venait de rentrer pour la premiere fois en beaucoup de temps, n'etait plus qu'une semantique de souvenirs decousus. Meme ses parents. Meme ses potes du lycee, de gros mecs qui transpirent au cafe en lui demandant combien coute le metre carre la ou il vit, parce qu'ils "veulent investir", aux USA c'est plus sur. Faut rien risquer au Maroc. "Et puis, t'as bien fait de partir". En rentrant a lmirikane, il se disait que c'etait ce qui lui etait arrive de mieux.
Monday, August 14, 2006
En vacances
Because everybody should take the time to watch the sunset, from year to year :) and count their blessings. Bisous de San Diego.
Friday, August 11, 2006
In denial
Hier c'était le déchirement.
Hier c'était les yeux qui s'ouvrent tout d'un coup sur aujourd'hui. Les cartons, les sacs, les valises, la poussière en-dessous des tiroirs en plastique. Et lui qui part. Il me tend la main en me disant darling et il n'y avait plus de mots en moi, que des cascades de larmes et P. qui me frotte le dos.
Quand il s'agit de quelqu'un d'autre, on sait trouver les mots, on raisonne et on philosophe, on a réponse à tout et à rien, on secoue la tête en fronçant les sourcils. Ah mais quand il s'agit de soi, on se mouche honteusement.
Je change d'avis toutes les 10 minutes sur ce qui est "positif" et ce qui est "négatif", ce qui doit être conservé et ce qui doit être jeté à la poubelle, ce dont je dois me féliciter et ce que je dois me reprocher. Mais je sais que je dois vraiment me reprocher d'avoir bousillé le laptop du boulot. Je me vois payer à vie les 1200 dollars qu'on me réclame pour sa réparation.
Il fait beau à Berkeley et aujourd'hui, c'était les aurevoirs avec Jooj, Em, Sach et Lee. Je crois que les aurevoirs sont un concept pourri, dans le sens où l'on ne se sent pas du tout mieux après.
Mais mon aurevoir le plus dur sera avec ma maison. Je refuse de prendre des photos mais je regarde les murs, me remémore toutes ces nuits de délicieux grignotage en regardant un DVD, mon résumé de bonheur en solitaire. C'est vrai, y a un mauvais souvenir, très très moche. Hideux même. Mais c'était mon chez moi et c'est idiot, mais j'ai insisté hier pour y passer la nuit, même si mon lit n'était plus là. Le parquet m'a tenue éveillée, tellement mon dos était cabossé, mais je crois que je ne résisterai pas à son appel cette nuit encore. Maso!
Bon, je promets d'arrêter de prendre ce blog pour un journal intime de gamine. Je vais aller nettoyer mon tiroir et enlever mon nom sur le sticker. Y a pas de pitié à avoir. Je n'en ai pas sur moi-même. Suis une gâtée de la nature.
Move in. Move out. Move on.
Hier c'était les yeux qui s'ouvrent tout d'un coup sur aujourd'hui. Les cartons, les sacs, les valises, la poussière en-dessous des tiroirs en plastique. Et lui qui part. Il me tend la main en me disant darling et il n'y avait plus de mots en moi, que des cascades de larmes et P. qui me frotte le dos.
Quand il s'agit de quelqu'un d'autre, on sait trouver les mots, on raisonne et on philosophe, on a réponse à tout et à rien, on secoue la tête en fronçant les sourcils. Ah mais quand il s'agit de soi, on se mouche honteusement.
Je change d'avis toutes les 10 minutes sur ce qui est "positif" et ce qui est "négatif", ce qui doit être conservé et ce qui doit être jeté à la poubelle, ce dont je dois me féliciter et ce que je dois me reprocher. Mais je sais que je dois vraiment me reprocher d'avoir bousillé le laptop du boulot. Je me vois payer à vie les 1200 dollars qu'on me réclame pour sa réparation.
Il fait beau à Berkeley et aujourd'hui, c'était les aurevoirs avec Jooj, Em, Sach et Lee. Je crois que les aurevoirs sont un concept pourri, dans le sens où l'on ne se sent pas du tout mieux après.
Mais mon aurevoir le plus dur sera avec ma maison. Je refuse de prendre des photos mais je regarde les murs, me remémore toutes ces nuits de délicieux grignotage en regardant un DVD, mon résumé de bonheur en solitaire. C'est vrai, y a un mauvais souvenir, très très moche. Hideux même. Mais c'était mon chez moi et c'est idiot, mais j'ai insisté hier pour y passer la nuit, même si mon lit n'était plus là. Le parquet m'a tenue éveillée, tellement mon dos était cabossé, mais je crois que je ne résisterai pas à son appel cette nuit encore. Maso!
Bon, je promets d'arrêter de prendre ce blog pour un journal intime de gamine. Je vais aller nettoyer mon tiroir et enlever mon nom sur le sticker. Y a pas de pitié à avoir. Je n'en ai pas sur moi-même. Suis une gâtée de la nature.
Move in. Move out. Move on.
Monday, August 07, 2006
Sunday, August 06, 2006
Bubble gum
Rien n'a plus de gout. Ou pas grand-chose. Comme ce chewing-gum que C. mastique pendant des heures. Des heures. On rumine de vieux sentiments de plenitude. On copie/colle a des choses insignifiantes.
J'ai trouve des restes de sourires dans les cartons a venir. Des choses auxquelles je n'avais pas accorde trop d'importance parce qu'il y avait un trop plein de belles choses.
Au Bubble lounge, ce soir, San Francisco suait dans une cave sans air. De beaux garcons se pavanaient aux bras de fades poupees sans culottes. Des fraises etaient trempees dans de la fondue de chocolat. Deux files parralleles se regardaient en attendant les toilettes. Un lapin courait sur place.
Quelqu'un s'est jete du haut du pont. Probablement quelqu'un qui trouvait le reste insupportablement fade. Heureusement que S. a une belle moto. Une belle, belle moto. Et moi aussi j'en veux une.
Mais dans une semaine, je dirai au revoir a la baie. Ca sera le debut d'une nouvelle phase: des restes de sourires dans des cartons, que je dois finir.
Oui, ca aurait ete bien, Milan. Meme pour 20 heures.
Every time I try to leave this place
Something inside says, "You can do better"
Round here
J'ai trouve des restes de sourires dans les cartons a venir. Des choses auxquelles je n'avais pas accorde trop d'importance parce qu'il y avait un trop plein de belles choses.
Au Bubble lounge, ce soir, San Francisco suait dans une cave sans air. De beaux garcons se pavanaient aux bras de fades poupees sans culottes. Des fraises etaient trempees dans de la fondue de chocolat. Deux files parralleles se regardaient en attendant les toilettes. Un lapin courait sur place.
Quelqu'un s'est jete du haut du pont. Probablement quelqu'un qui trouvait le reste insupportablement fade. Heureusement que S. a une belle moto. Une belle, belle moto. Et moi aussi j'en veux une.
Mais dans une semaine, je dirai au revoir a la baie. Ca sera le debut d'une nouvelle phase: des restes de sourires dans des cartons, que je dois finir.
Oui, ca aurait ete bien, Milan. Meme pour 20 heures.
Every time I try to leave this place
Something inside says, "You can do better"
Round here
Thursday, August 03, 2006
360°

D'habitude, je ne crois en la realisation de quelque chose que lorsque je la vois devant mes yeux. Mais la, ca y est, c'est confirme: nos documentaires passent sur...(roulement de tambours....) CNN! Oui, oui, oui, encore mieux que dans le plus inaccessible des reves! On va passer sur l'emission de Mister Anderson Cooper HIMSELF (c'est lui qui a fait sa star en couvrant l'ouragan Katrina et c'est lui qui a interviewe Angelina Jolie apres son accouchement). Ce beau gosse gay -avis aux interesses- realise une audience pas mal du tout (en comparaison avec les chiffres desastreux des news actuelles, bref..) et donc, ben, sans fausse modestie, ben je suis tres contente. Treeeees contente meme, je n'arrive toujours pas a le croire. Je l'ai cru lorsque le big boss m'a dit aujourd'hui d'aller m'acheter quelque chose a mettre in case in case, je n'en dirai pas plus.
Je suis tellement reconnaissante...a quelques personnes speciales, a cet endroit, a "wa mane zara3a 7assad".
Bref, tout ca, c'est pour le weekend du 9 ou du 16 Septembre, mais je ne sais pas a quelle heure, etc. Faut que je paufine le travail cette semaine. Quand je pense que c'est moi qui ai fait le montage et la moitie de la camera, ma tete passe pas la porte.
Ah,je viens de me souvenir que j'ai oublie de le dire a mes parents.
الحمد لله
Tuesday, August 01, 2006
Ca jazze a North Beach
Alors, je marchais, je marchais. Puis soudain, un bruit. Puis soudain, des bruits. Et la foule. La foule.
Ah, c'est le festival du quartier italien.
Ah, c'est le festival du quartier italien.
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