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Sunday, November 25, 2007

Meeting Leo

Il y avait ce vent des steppes skhiratiennes. Le bout de mon nez était assorti à mon écharpe. J'avais autrement imaginé mon dimanche après-midi que cette congélation qui me rappelait les filets de maquereaux dégueulasses dans le supermarché de Berkeley.
On marchait emmitouflés dans nos manteaux. Nos baskets aux pieds. Deux gendarmes sur de magnifiques chevaux noirs nous toisaient. L'eau était boueuse, l'île verdoyante et nos pieds s'enfonçaient dans le sable. Au loin, mille tempêtes faisaient écho à nos volcans intérieurs.
Tiyara dormait quand on est arrivés. Il s'est longtemps brossé les cheveux sur le seuil de sa porte. Je ne savais pas qu'il avait emménagé dans des toilettes. Je feins la normalité de la situation. On se pose sur des rochers artificiels. On parle de ceux d'ici et de là-bas, de nous, d'hier, de demain. Tiens, hier, Tiyara a compris pourquoi Dieu l'avait assigné à glandouille longue durée dans l'isolation du ici. Il fumait peinard. Un Américain mal rasé suivi d'un colosse demande s'il peut jouer au volley dans le petit terrain aménagé en face. Tiyara acquiesce. Nom d'une pipe! C'est bien Leonardo Di Caprio? Il secoue la tête. Le dernier joint date d'il y a quelques jours, il ne rêve pas. A deux mètres de lui, Titanic-man, en tournage à Rabat pour quelque temps, a loué une baraque face à la mer. Là, il joint les deux mains pour recevoir le ballon. Le bodyguard garde l'oeil bien ouvert. Tiayara et son sourire, je les vois d'ici! Il a attendu sagement la fin de la partie. Il a gentiment demandé à prendre une photo avec Leo, ou même deux, avec son portable. Il lui a parlé un peu. Le bonhomme était gentil. Dommage que les photos aient été prises après le coucher du soleil sinon on les aurait imprimées sur des tee-shirts, des maillots, des serviettes de plage! Ça nous a réchauffés, cette histoire. Mais moins que les horizons turquoises d'un désir vieux de dix ans.

Sunday, May 13, 2007

One year ago, déjà

One year ago, I ran out of my house, in high heels. I was late, as usual. I missed the bus. I was late. I started watching for a cab. No cabs. But a familiar face in a car passing by. EMILIAAAAA. Here I am, in her car, smiling to her parents. We're late.

Everybody's already here. Apart from Josef maybe, but that's not a surprise. Everybody's here and it seems like a normal day. But it's our day. And we can afford being silly, smiling too much, teasing each other. Yeah, we're grown-ups in caps and gowns. We're done. We did it. We're done and only a happy few know where they will be the week after. But jealousy can wait.

Cameras flashing everywhere. We're the stars today. We're gonna change this world, make your news, make you smile, make you dance, make you scream, make you cry in front of your TV. You're gonna read us on your way to work, stuck between an old Chinese lady and a huge bouncer, in the subway. You will look for the bylines, envy the reporter who spent one week at the Moulin Rouge just to give you the scoop. We will be brave for you. We will be merciless for you. We'll fight, we'll call, re-call, ask, re-ask, insist, just to give you the little extra.

But for now, we're taking one more picture, one more smile. My TV class is the best. There's no doubt for me. I can't help thinking that, for our instructors, it's just one more class. But, come on, aren't we special, aren't we the funniest, the wit, the ugly, the cool?

I don't look at pictures that much.The ones that count are in my thoughts and in my emails. One year. It seems like childhood.