Friday, February 09, 2007

Ouarzazate diary

I have nothing to fear, am I wrong?
J'aurais juré voir des larmes dans les yeux de Zahra, lorsque je lui ai dit aurevoir. Elle m'a baisée le front deux fois, je l'ai embrassée trois fois sur son petit foulard vert, contrairement aux coutumes locales. Il faisait très sombre et heureusement que Kamal a laissé les phares de la voiture allumés. Je me suis arrachée avec beaucoup de peine à cette merveilleuse créature en lui répétant de bien étudier. Tssent? Oui. Nous nous sommes éloignés dans la nuit, éclairés de milliers d'Itren.
Des heures sur les routes, deux pneus crevés en 24h, une constellation de photos souvenirs à chaque fois qu'on voit quelque chose de beau, c'est à dire toutes les deux secondes et demies chrono. Et bien sûr, des journées interminables de travail. Je souris toujours lorsqu'on me dit: "ah, journaliste! ça doit être fabuleux comme boulot! Les voyages, les rencontres de personalités". Oui oui. Mais ce qui est encore plus fabuleux, c'est la paire de bas en laine roses, achetée à la fameuse Qissaria Reda à Rabat, seul rempart contre le froid des montagnes qui nous a assiégés de toutes parts. Ce qui est encore plus glamour, c'est le foulard que je porte en-dessous du bonnet qui m'arrive jusqu'au milieu des joues. La sophistication s'étend jusqu'au pique-nique improvisé dans le 4x4 en cas de grande faim à des lieues de la civilisation. Mais vous avouerez que le must du must reste le pipi nature, armé d'une torche et prêt à l'assaut d'une chèvre quelconque (m3iza de l'Atlas, nespa) cornes en avant. Engagez-vous, engagez-vous qu'ils disaient.
Je ne dirai jamais assez de bien de l'équipe qui m'a accompagnée ni sur la serviabilité des contacts locaux. C'est gravé dans ma petite boîte crânienne en diaporama infini. Je le referai avec plaisir à la prochaine occasion, mais, heu, c'est possible de demander le remplacement des toilettes à la turque?

Monday, February 05, 2007

Shout in silence


I so wish I could....
Telling myself
I feel no pain
But I do
Loving you less
Promises
Promises

Sunday, February 04, 2007

La toile en partage

Les routes les plus escarpées de la solitude peuvent nous mener à bien des choses, y compris aux blogs. J’aime bien retourner aux archives de certains amis blogueurs et relire les commentaires, etc. Bien sûr, ma perception actuelle est différente de celle que j’avais à Berkeley, les yeux globuleux, sacrifiant mon sommeil à m’extasier devant le talent des uns et des autres.
Là, je tape cette ébauche de post sur Microsoft word et je me rends compte que les mots blog et bloggers (en français aussi) sont soulignés en rouge. Vivement que ça rentre dans le dico (c’est déjà fait je pense pour les éditions papier, c’est le logiciel qui doit être actualisé). Je m’égare là.
Je disais donc: autant la lecture, le surf sur les blogs des autres, se fait dans une solitude, presque délicieuse, lorsqu’on tombe sur des égratignures en textes, des presque poèmes, des souvenirs qui font sourire, parce qu’ils nous rappellent les nôtres, dits différemment, avec plus de larmes, ou davantage de détails ou moins de retenue, autant on se dit que la personne de l’autre côté de son écran 14 pouces doit ressentir ce plaisir de partager. Pas de plaisir, pas d’actualisation de contenu, n’est-ce pas ?
Je me plais à imaginer dans quelles conditions chacun de vous, amis bloggers, écrivez. Loula après que les enfants soient allés se coucher, avec un bon verre maybe et de la musique en fond sonore ? La Seine, dans ton petit salon si cozy. GarAmud, quand et où écrivais-tu ? La beautiful Sun Li en caressant son toutou et croquant une pomme. Les autres qui le font en écoutant leur conjoint d’une oreille distraite. Celui qui le fait au bureau en évitant de répondre à l’email urgentissime du management-en-chef. Celui qui le fait le soir, devant sa télé, dans sa ghorba géographique. Celle qui le fait après s’être coupée les ongles (pour une raison ultra-confidentielle bien entendu), l’ordi sur les genoux et les pieds croisés sur la table. Elle remue des orteils. Ah mais elle, je la connais bien et elle attend vos réactions.

Friday, February 02, 2007

Requiem for a clean


La cure de désintoxication a commencé par une froide nuit d’hiver. J’avais froid jusque dans mes tympans, même sous mes aisselles. Je tremblais.
Je t’en veux. Le ciel était noir. Splendide et fier. Je suivais tes pas sans rien dire. Je chantais dans ma tête.
Le temps m’étrangle et il n’y a pas assez de minutes pour tous mes mots. Je t’ai laissé un testament non lu, par petites pressions de la main, par respirations interrompues, par griffage de ma propre chair. Eres la enfermedad y el enfermero.
Il y a plus de bleu que de gris.

Thursday, February 01, 2007

$500M!

Ils rigolent pas, ces gens-là!
"BP selects UC Berkeley to lead $500 million energy research consortiumGlobal energy firm BP announced today (Thursday, Feb. 1) that it has selected theUniversity of California, Berkeley, in partnership with Lawrence Berkeley National Laboratory and the University of Illinois at Urbana-Champaign, to lead anunprecedented $500 million research effort to develop new sources of energy andreduce the impact of energy consumption on the environment."

>> More: http://newscenter.berkeley.edu/goto/ebi
Libellés : financement, université, énergie

Thursday, January 25, 2007

La pared

Hello. I have a hole in my soul that bears your name. Can you fill me in?


Y el deseo gira en espiral
Después de ti la pared
Debajo el asfalto
Y mas abajo estaría yo

Bacchus est content

L'Economiste de ce matin rapporte que le Maroc enregistre une moyenne d'un litre de vin par personne et par an. Trinquons à cette grande réalisation!

Saturday, January 20, 2007

La mue, la mienne

A la poubelle, la Najlae d'avant.
Ca fait des semaines qu'on me demande, plus ou moins gentiment, de jeter un oeil à mes affaires dans les cartons pour faire le tri, ce que je veux garder, ce que je ne veux pas garder. Comme j'étais de mauvaise humeur ce matin, c'était le moment idéal.
D'abord, les livres. Ma grande surprise: finalement beaucoup de livres en arabe. Beaucoup de livres de gosse. Comment ai-je pu survivre sans mon encylopédie des castors juniors, la fameuse compagnie de Riri, Fifi et Loulou (neveux de Donald Duck, pour les ignares). J'ai retrouvé avec plaisir des livres pour enfants importés d'Irak, des merveilles d'éducation, dont mon préféré: "Abou Ahmad wattoumour".
Puis des tiroirs remplis de lettres. Des centaines de lettres. De Marinette. De Hajar. D'anciennes "pen-pals" des States, des cartes de voeux écrites mais jamais envoyées, je ne sais pas pourquoi. Des lettres écrites et jamais postées. Des photos. Beaucoup de photos.
Puis des cartons de cahiers de cours, de classeurs. Des centaines de pages noircies au stylo-encre, des phrases dégoulinant de niaiserie, du type "believe in your dreams", "time is what you make of it", "just do it", des poèmes sur la magie des vagues, sur la liberté, sur l'ailleurs. Des tonnes d'exposés creux, des épreuves de philo en arabe (pas mal après tout, hehe), des quintaux de documents sur le métier de la presse, des coupures de mode, des photos de surf découpées avec précision (et dire que je n'ai de patience pour rien du tout), des dossiers d'articles sur la musique andalouse, la régionalisation, la pub, des thèmes dont je ne me souviens même plus. J'ai halluciné en retrouvant des fiches sur les oeuvres de Diderot, Marivaux, Rousseau, en tombant sur une petite nouvelle que j'avais écrite à 14 ans, des poèmes publiés au lycée, de longs chats avec Dardous, des photos (dont celle de Alaov!), des ébauches d'histoires. Et je me dis: impossible que j'ai été "ça"! Tant de naïeveté, des phrases trop fleur bleue, trop conne pour être sincère, trop émotive pour être vraie.
Alors, à la poubelle les niaiseries. A la poubelle les cours de droit: de la presse, constitutionnel, international, dont je n'ai pas retenu grand-chose. Au feu les posters d'affiches de films, des centaines de fiches de films, des articles sur le Maroc. A l'oubli les béguins d'été, les chagrins, les rêves. On est déjà devenu autre chose, malgré nous. On a déjà pris un autre cap. On a déjà changé. Et oublié. Oublié qu'un moment, on voulait rentrer dans une école de stylisme, ou qu'on ne jurait que par la citoyenneté australienne, ou qu'on chérissait les 3T quitte à importer leur magazine de fans du Koweit! Ou que son cadeau pour ses 16 ans était une paire de rollers. Ou qu'on avait un accord avec le bouquiniste pour acheter les vieux numéros de Première et compléter sa collection. On a oublié qu'on n'est pas né 3ayeq et fayeq. Qu'on n'est pas né avec du cynisme plein les veines. C'est bien de s'en rappeler. Puis d'avancer.

Wednesday, January 17, 2007

Jamaï quitte Le Journal

La direction du "Journal hebdomadaire" organise le jeudi 18 janvier 2007 à partir de 16 heures au Palace d'Anfa (171, Bd d'Anfa, Casablanca), une conférence de presse pour porter à la connaissance de l'opinion publique les raisons de la démission d'Aboubakr Jamaï de son poste de directeur de la publication et de son départ de l'institution.
Le Journal Hebdomadaire

On les connaît, les raisons. Triste. Vraiment triste.

Magic seaweed



Ce tube envoûtant est le fruit d'un bon swell d'hiver à la pointe de Safi. Une poignée de surfeurs y font un pélerinage chaque année et y attendent une des plus belles vagues du monde. Quelle chance pour ceux qui peuvent y être. Merci à Tarzan pour la photo.

Monday, January 15, 2007

Nichane, le verdict

AFFAIRE NICHANE : TROIS ANS DE PRISON AVEC SURSIS POUR LE DIRECTEUR ET LA JOURNALISTE
Casablanca, 15 jan -(MAP)Le tribunal de première instance de Casablanca a condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis, assortis d'une amende de 80 mille dh solidairement, le directeur de publication, Driss Ksikes, et la journaliste Sanaa Al-Aji, dans l'affaire de l'hebdomadaire +Nichane+ pour publication d'un article jugé ""attentatoire à la religion musulmane"".Le même tribunal a interdit le magazine de parution pour deux mois depuis le prononcement du verdict.L'hebdomadaire arabophone avait consacré, dans son numéro du 9 au 15 décembre dernier, un dossier intitulé ''Blagues : comment les Marocains rient de la religion"". Les deux journalistes étaient également poursuivis pour ''publication et distribution d'écrits contraires à la morale et aux moeurs, et ce conformément aux articles 41, 59, 67 et 68 du code de la presse. Dans son réquisitoire, lors de l'ouverture du procès, le 8 janvier à Casablanca, le ministère public a demandé la ""condamnation des deux journalistes et l'interdiction de la publication de l'hebdomadaire ainsi que de l'exercice de la profession pour les deux journalistes"", tout en rejetant de leur accorder les circonstances atténuantes.La défense a, pour sa part, demandé leur acquittement pour ''bonne foi''.La rédaction de l'hebdomadaire avait, dans un communiqué, précisé qu'il ne visait pas, à travers la publication de ce dossier, à ''heurter'' les sentiments des lecteurs musulmans et réitéré ses vives excuses, tout en s'engageant à poursuivre son travail en tout professionnalisme et respect de ses lecteurs quelles que soient leur religion et leurs croyances.-(MAP).

Friday, January 12, 2007

Y en a marre!


J'en ai énormément parlé avec mes amis. Beaucoup parlé avec des collègues. Je ne voulais pas ressasser mon opinion sur la question sur ce blog. J'espérais que la fièvre allait passer, que le procès ne serait qu'un lointain souvenir, qu'on rentrerait chez nous en nous disant: "on a appris la leçon". Et basta. Que celui qui veut acheter Nichane l'achète. Que celui qui le trouve nul comme canard, en achète un autre. Mais là...les choses sont entrain de prendre des dimensions inquiétantes. Je tiens à exprimer toute ma solidarité pour, envers, à Sanaa El Aji et Driss Ksikes ainsi que tous les brillants journalistes de Nichane, au point mort.

Wednesday, January 10, 2007

enfantine Sénilité

J'ai trouvé plus capricieuse que moi: la connexion Menara de Maroc Telecom, qui jure de ne pas me laisser me connecter le soir, surtout que je n'ai plus accès à blogspot de mon bureau (pas même à mon propre blog!).
Maintenant que j'ai pu me connecter pour quelques instants, avant de devoir répondre à l'appel de Morphée, à mon grand besoin, je viens de voir que mon profil Blogger affichait désormais "26" dans "âge". Tremblement de terre dans ma boîte cranienne. Merci à tous ceux que j'aime qui ont été présents pour ce jour très spécial et qui m'ont consolée de passer à 26 ans sans avoir encore eu le prix Pulitzer. Merci à leurs emails, à leurs sms (même programmés, nespa Jota?), à leurs coups de fils, merci à leurs pensées et à leur amitié.
En cadeau package spécial 8 janvier et dans la lignée de tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur moi (dixit FZ), je réponds au taggage d'Onassis en livrant mes 5 secrets les plus inavouables:
- Je ne me remettrai jamais de ne pas avoir eu de soeur
- Plus jeune, vers 12-14 ans, j'avais une amie proche, championne de tennis. Chaque samedi après-midi, vers le début de la soirée, on commençait notre fight club à nous dans un coin du club, avec griffes et giffles véritables certifiées ISO 9002. On ne s'épargnait pas jusqu'à ce que l'une de nous s'avoue vaincue. Ca nous défoulait. On allait manger des frites après.
- J'ai deux thérapies: l'écriture. Mais aussi et surtout la danse, jusqu'à ce que foulage de chevilles s'ensuive.

Finalement, 3 secrets, c'est déjà trop. La suite dans mes mémoires, à paraître à mon prochain anniversaire (83 ans).

Wednesday, January 03, 2007

I am...


J'ai repiqué le test sur le blog de Le Baroude. Ma foi, je ne sais que penser de la partie "muscular and feminine", toujours est-il que c'est probablement vrai :)


Your results:
You are Supergirl
Lean, muscular and feminine. Honest and a defender of the innocent.
Supergirl
94%
Wonder Woman
94%
Superman
90%
The Flash
90%
Spider-Man
85%
Green Lantern
85%
Hulk
70%
Robin
62%
Catwoman
55%
Batman
45%
Iron Man
35%

Sunday, December 31, 2006

lli 3la bali ou balek

Non, je n'ai pas hérité du souab en matière de bombardement emailistique et sms-tique avec voeux appropriés et inapropriés à l'occasion des coincidences des calendriers. D'ailleurs, j'ai l'honneur de vous annoncer que je hais cette expression de "à l'occasion de". Ca veut dire quoi, une occasion? N'importe quoi. Nous sommes visiblement tous des moutons, surtout pour les compagnies tilifouniques.
De même, je n'ai pas hérité de l'effervescence qui veut qu'on "adore l'ambiance du aïd el kébir". J'ai ouvert un oeil en entendant l'entrée en fanfare du mouton ce matin, accompagné d'un comité d'accueil conséquent. J'ai pris mon courage à deux mains et deux pieds pour jeter un regard rapide de la fenêtre vers le monsieur haouli. Il avait de jolies cornes. Et visiblement une alimentation équilibrée dans les vallées de Ain Aouda, vu la qualité de son boulfaf. Et on se demande comment on a pu survivre sans cet amas de bonnes choses, là-bas, dans la ghorba (la campagne Président l'a dit: "bien manger, c'est le début du bonheur").
Du bonheur, j'en souhaite à tous ceux que j'aime, en permanence. Encore une fois, pas besoin d'une date fixe. Pas besoin de la voir en gras sur un calendrier en carton offert gracieusement par la régie des transports de Casa. Pas besoin d'un rappel de Maroc Telecom, ni d'une annonce sur la SNRT. Et surtout pas des soirées spéciales avec chikhates des quatre coins du royaume.
Que des bonnes choses à vous tous, que vos téléphones soient toujours rechargés (copyright YZ), que vous pétiez la forme en permanence, que le soleil brille dans vos coeurs et ceux que vous aimez, que votre chemin s'éloigne de celui des imbéciles en tout genre, etc etc etc.
Je vais de ce pas me préparer à la soirée bulles (Oulmès ou champagne, c'est selon les personnes). Mon cavalier m'a d'ores et déjà envoyé sa photo pour me donner envie...de le dévorer!

Wednesday, December 27, 2006

Religionite

Dans le compartiment de ce matin, une poignée de gentlemen dont un portait une courte barbe. Tout le monde était absorbé dans la lecture d'un journal, ou du Coran. Les trois en face de moi se connaissaient visiblement. La quarantaine, une bonhommie évidente. On cause du livre que tient le monsieur à la barbe. "Ah, tu n'as pas le tome deux? Mais il te le faut absolument". On bifurque sur les bienfaits de l'eau fraîche pour les ablutions. L'autre recommande l'eau tiède. On fait appel à des hadiths. "Ah mais mon ami, ce que tu viens de citer n'est pas un sa7i7- صحيح". On parle des fruits et légumes. Vaut-il mieux en manger avant ou après le repas? Inévitablement, on se réfère à la Sounna. Y avait-il une variété de fruits et de légumes en Arabie au temps du prophète? "Mais bien sûr, et plus qu'aujourd'hui!", lance l'un. "Ah mais pas du tout, juste des dattes et des bananes", dit l'autre.
Le troisième décide de parler d'astrologie. Ah mais c'est une science, nous sommes faits de terre et sommes donc vulnérables aux changements de la position de la lune, qui affecte tout ce qui est fait de terre. Je lâche mon journal un instant. Le troisième monsieur, au terme d'un monologue plus que surprenant, insiste pour nous lancer une bombe en plein visage: le réfrigérateur est 7aram. Mes yeux sont de la taille d'un ananas. Il s'explique: tous les restes de repas doivent être donnés aux pauvres, on ne devrait rien garder. Le monsieur à la barbe lui explique calmement que lorsqu'on ne s'y connait pas en religion, on ne peut pas donner des fatwas comme ça. "La religion, il y en a qui sont à la maternelle, ceux qui sont au secondaire et ceux qui sont docteurs Phd. Le Cheikh Abdeslam Yassine par exemple, lui c'est un expert".
Mes yeux sont de la taille d'une pastèque.
"Comment? Un Cheikh qui roule en mercedes, tu prends ça pour une référence!"
Le monsieur à la barbe est irrité. Il dit calmement qu'il ne faut pas écouter les rumeurs. Le saint homme (Yassine) est un exemple de piété, qui ne mange pas de viande, jeûne pratiquement tous les jours et se réveille à 1h du matin pour je ne sais quelle prière. Et là, il lance LA phrase qui va lancer mes yeux dans la course au titre de globule de l'année:
"لو علمت ما بقلبه لبكيت دما"
Ce à quoi l'autre monsieur rétorque: "toi, ça se voit que tu vis à Salé". Je ricane sous mon journal.
Le monsieur à la barbe, par ailleurs extrêmement sympathique, exprime le souhait de laisser au pauvre Cheikh le pouvoir d'"éduquer le peuple", qui "ignore tout de la religion". Le jeune cadre dynamique assis à mes côtés n'a visiblement plus la tête pour l'article sur le foie gras dans L'Economiste. Je le sens qui cauchemarde en live à l'idée d'une éducation à la Yassine.
Le anti-Yassine (et accessoirement anti-tallaja) dit que ce Abdeslam Yassine n'est qu'une imposture et qu'on ne sait pas d'où il a ramené tout cet argent. L'autre est de plus en plus irrité mais appelle, avec le sourire, à "encourager" tous ceux qui portent haut le drapeau de l'Islam. A ce rythme là, on le plantera bientôt sur la lune.

Tuesday, December 26, 2006

Baghdad diaries

Mon amie Lee s'est envolée pour Baghdad il y a quelques jours et fait le récit de son voyage sur les pages de Frontline/World. Elle y décrit un labyrinthe de passages, un bétonnement à perte de vue, la conscience du danger à tout moment. Et encore. Là, elle ne quitte pas la Green Zone. "Everyone has lost someone. A brother, a sister, an aunt, an uncle. " Et ce n'est pas fini. Lee visitera d'autres régions et devra produire un documentaire qui fera sûrement du bruit.

Thursday, December 21, 2006

Convalescence

Il y a eu les quatre saisons dans mon corps. Il a neigé longtemps dans mes jambes. Il a plu de mes tempes, quelques semaines, peut-être des mois. Après, mon front a traversé le Kalahari, les dunes n'en finissaient pas. Jean-Michel Jarre y a laissé des enceintes de musique électronique; des corps y dansaient au soleil, je marchais, je marchais et toujours la musique, toujours la soif. Le chameau ne me portait pas, il marchait à côté de moi. J'aurais juré qu'il sirotait un Schweppes Tonic lorsque je m'épongeais le visage. Et le long du dos un frisson. Maintenant, c'est le blizzard qui n'arrête pas. Alors j'en profite. Un amoxil on the rocks, please.
Quelqu'un s'est armé d'une paire de ciseaux gigantesques pour inaugurer l'énorme paquebot. Le champagne. Les mouchoirs. Le paquebot, phénoménal, large et colossal, s’avance lentement dans l’océan et quitte ces berges peuplées de souvenirs.
Je suis le phare. Je suis la douceur d’Al Green, la passion du rugby, le soleil de Mirleft. Je suis le vent de la place Kléber, la neige du matin, de par la fenêtre. Je suis le raisin du beaujolais nouveau, le calme du lac Konstanz.
C’était tout à l’heure, c’était hier, c’était il y a longtemps.
Aujourd’hui, je suis le phare qui clignote. Je te montre le chemin d’un geste du menton et d’un demi-sourire. Je n’ai jamais aimé les enterrements.
Je te vois toujours aussi beau, peut-être plus. Inégalable, généreux, doux. Ta voix est un refuge, tes rires un repos. C’était hier. Et pourtant.
Tu vogueras vers le Pacifique Sud sans boussole, et sans te perdre.

Friday, December 15, 2006

Au pays des merveilles

J'ai quitté Marrakech samedi soir, en pleine clôture du festival, rêvant de passer la nuit chez moi. Le train était presque vide. Dans mon compartiment: un Allemand, qui a attendu de s'assurer que j'étais une personne "civilisée" avant de m'adresser la parole. Je comprendrai plus tard pourquoi.
Appellons-le Duke. Duke est ingénieur dans une entreprise spécialisée dans la construction de zones portuaires, à Hamburg. Un jour, on lui annonce qu'il faut aller à Casablanca faire une évaluation de la filiale locale et discuter du calendrier des futurs projets. Duke prend l'avion pour la première fois vers l'Afrique. Arrivé à l'aéroport, il cherche un guichet bancaire pour retirer de l'argent. Il se disait que ce serait plus facile que de retirer de l'argent en Allemagne puis de faire le change, etc. A l'aéroport, on lui annonce qu'il n'existe pas de guichets de retrait et qu'il fallait simplement ramener son argent avec lui. "Un aéroport sans ATM! Woah!"

Leçon n°1: ne jamais, jamais voyager sans liquide

Le lendemain, Duke se présente à l'entreprise en question. "Bonjour! Je suis Duke, je suis venu pour..." "Ah, lui rétorque le DG, un marocain très pressé, c'est sympathique que vous soyiez là, malheureusement je n'aurai pas le temps de vous voir cette semaine, je suis extrêmement occupé. Vous ne voulez pas attendre que je vienne en Allemagne dans deux semaines? Profitez de votre séjour au Maroc, voyez du pays. Aurevoir!"

Leçon n°2: une nouvelle culture, c'est également une différente culture du travail

Duke est logé au confortable Hyatt. "Chouette, en plein centre ville, je vais pouvoir me balader!".
Il met un peu d'argent dans la poche de son jean puis descend l'avenue en direction des bazars. Assailli par les mendiants, il tente tant bien que mal de jeter un oeil aux souvenirs, sa fille lui réclamant une figurine de chameau. Deux hommes l'empoignent de part et d'autre et l'immobilisent, le temps de plonger leurs mains dans ses poches, comme ça, en plein après-midi, en ville! Duke, en grand costaud, se défend, pousse l'un, attrape l'autre et le force à le suivre au poste de police de l'autre côté de la rue. Il ne parle pas français et a un mal fou à expliquer ce qui s'est passé aux officiers de police, qui considèrent que "y a pas de mal, rien n'a été volé en fin de compte". En retraversant la rue, Duke assiste à un horrible spectacle: deux mendiants renversés par un camion, à deux pas de lui. "L'ambulance a mis une éternité à arriver!" Non? T'es sûr Duke?

Leçon n°3: parfois, il vaut mieux bronzer idiot que de "découvrir le pays"

Duke prend le train pour Marrakech, l'incontournable, selon son guide à 4,75 euros. La ville est peuplée d'étrangers, les monuments photographiables à souhait. Le soir, il demande à son concierge un bar qu'il recommanderait à proximité. Il y commande une bière et à peine celle-ci servie que deux jeunes filles, "maximum 17 ans", l'accostent et lui demandent de leur offrir un verre, ce qu'il refuse immédiatement. "Chez nous, ça ne se fait pas de demander comme ça". Les jeunes filles insistent, Duke est fâché et leur répète: "I have a girlfriend in Germany", ce à quoi les minettes répondent: "it's OK, we want to go with you in the bed". Duke paye sa bière et rentre dormir (je rapporte seulement ce qu'il m'a dit hein!)

Leçon n°4: un blond seul dans un bar, ça peut prêter à confusion

Duke a été invité par son ami Saïd à venir manger un "vrai repas traditionnel". Saïd a noté l'addresse sur un petit bout de papier. Duke prend un taxi et lui montre l'addresse. Le taximan refuse obstinément de mettre le compteur en répétant que "c'est pas loin, ne vous inquiétez pas monsieur". Il roula longtemps. Il largua Duke à l'entrée d'un kariane en lui réclamant 50 Dh. Duke n'avait jamais vu un bidonville de sa vie. Il appela Saïd qui dût venir le chercher.
Le repas était grandiose, les gens "very very friendly and so nice".
Saïd lui présente un ami à lui, qui tient absolument à dire à Duke combien il respecte Hitler, ce "grand homme d'Etat qui a su donner aux Juifs ce qu'ils méritent". Duke tombe des nues, ne sait même pas quoi répondre. J'ai honte. J'explique qu'on peut tomber sur des imbéciles partout. Et des ignorants aussi. Je lui raconte ma dernière aventure à Frankfurt. On rit, on commente le mandat d'Angela Merkel, il me parle de son enfance, en Allemagne de l'Est. Arrivé à la gare de l'Oasis, il serre mes deux mains en me remerciant de cette précieuse discussion "qui lui a expliqué beaucoup de choses". Il m'a dit: "I'm keeping very good memories of your country, despite everything".

Leçon n°5: Qallik Maroc 2010!

Monday, December 11, 2006

Stupid life

I realize everyday how insensitive I was.
And I am so sorry.

There's no glory
In being selfish

And I know
I'll pay the price
Very high.

Sunday, December 10, 2006

Ôcrement

De retour de Marrakech, pour la seconde fois en une semaine.
Ah ce festival. Je n'en dirai jamais assez de mal. Mais c'est la ville+le festival qui font mal.
Visitez Marrakech. Ses rues innondées après 25 centilitres de précipitation.
Sa pauvreté criante et galopante.
Son hôtel Mansour Dahbi aux sanitaires incommodes et aux télévisions vétustes pour seulement 3200 DH la nuitée.
Ses putes qui pullulent à toute heure du jour ou de la nuit, où que l'on soit.
Ses boîtes de nuit aux soirées IN, où l'on étouffe sans arriver à danser, ni à parler.
Ses soirées très très privées aux frontières avec l'Ourika où il ne faut pas compter sur la navette des organisateurs pour revenir en vie.
Sa population d'expats qui se croit en terre conquise.
Sa programmation de Faouzi Bensaïdi en semaine, impossible pour les gens normaux avec un travail.
Ses responsables de com' qui ne savent pas communiquer.
Ses hordes de pique-assiettes en quête d'invitations "officielles".
Son amateurisme en matière d'organisation.
La rareté de ses stars.
Heureusement. Heureusement, il y avait des retrouvailles, des éclats de rire, des blagues à deux centimes, des taquineries, des éclats d'intelligence dans la programmation, un soleil qui jouait à cache-cache, des potins, des potes en or, une cousine en platine et un retour à temps pour un hibernage cinématographique at home.

Wednesday, December 06, 2006

P.N. 250

Nous avons entendu un bruit semblable à celui de pierres jetées contre les roues, sous le train de 9h00 ce matin. Nous étions entre Mohammédia et Aïn Sbaâ, zone bâtarde, semi-urbaine mais si campagnarde. Des vaches. Des écoliers en bottes de caoutchouc bleues. Un soleil timide. Des restes de brouillard. L'odeur de Nescafé dans le wagon. Des petites maisons. De grosses paraboles. Le train s'est arrêté. Une minute, puis deux. Puis cinq. Puis les gens se sont levés pour voir ailleurs s'ils y sont. "Un mec s'est suicidé", a lancé un bonhomme aux yeux bleus. Le bruit, c'était ses os broyés. Le temps que le train s'arrête, ce qui restait du corps était déjà à 700 mètres derrière. Il fallait que les contrôleurs y retournent. Il fallait qu'on applique la procédure, que quelqu'un reste à côté. Les minutes passaient, les personnalités des passagers se sont révélées. Il y a l'empathique, le pragmatique, l'analyste. "Ah mais le suicide est devenu si courant de nos jours". "Le pauvre...la misère pousse à tout de nos jours". Il y avait le spécialiste: "certains conducteurs de train ont a leur actif des douzaines de morts de cette façon".
Mon voisin se décida après un moment à retirer les écouteurs de son i-pod. "Qu'est ce qui se passe?" -"Un gars s'est jeté au devant du train". -"Ah."
Certains ont fumé leur cigarette à l'extérieur. Je n'arrive plus à poursuivre ma lecture d'une délicieuse interview de Gad El maleh et d'Audrey Tautou. J'ai la chair de poule. Qui est ce type? Pourquoi aujourd'hui? Pourquoi ce train? Pourquoi le train? Où a-t-il passé la nuit? Avait-il faim? A-t-il tripoté les seins de sa cousine lorsqu'ils étaient petits? Qui va le reconnaître? Et quand? Et comment? Est-ce que quelqu'un va le pleurer?
Le train redémarre. Nous sommes très en retard. On laisse un contrôleur derrière, qui n'a pas demandé à être là.

“The light at the end of the tunnel is just the light of an oncoming train.” Robert Lowell

Tuesday, December 05, 2006

ABRAZOS SOLIDARIOS


Elmundo.es: Bill Clinton ha querido brindar en persona su cariño a los pequeños contagiados por el sida en Camboya. El ex presidente de EEUU se trasladó hasta un orfanato de la capital, Phnom Penh, y compartió momentos muy especiales con los niños que acoge la fundación católica Maryknoll y con la que colabora. (Foto: REUTERS)

Sais pas. Moi, ça m'a émue de bon matin.

Friday, December 01, 2006

Body Movin'

Lol Amine. Je suis démasquée. Par contre, difficile de faire un choix. Y en a tellement. Et chacune est liée à un contenaire de souvenirs.
Celle depuis toujours : "Kiss" de Prince. Le déclencheur de folie furieuse, de déhanchements qui ne devraient se faire que dans l'obscurité totale ou dans la saoûlerie collective afin de s'éviter des regards bizarroïdes.
Celle du moment : "Bringing sexy back" de Justin Timberlake. Comme quoi on peut succomber à la vague marketée. Et comme quoi il faut le ramener, le sexy, de temps en temps. héhé.
Celle qui donne chaud partout : "Love like this before" dans la Soundtrack de "Save the Last Dance". Cette chanson a un effet sur moi inexplicable par la science. Je n'ai pas assez de jambes ni assez de mains pour l'exprimer.
Celle à l’insu de son plein gré: Misirlou de Pulp Fiction bien évidemment et sa reprise "Pump It" par les Black Eyed Peas. Parce que bien sûr.
L’inavouable : "Toxic" de la Britney Spears. Iwa...C'est le clip+les petits rythmes orientaux=K.O.
Des volontaires pour le relais?