Sunday, May 25, 2008,11:43 PM
Concerto, en do mineur
Je n'ai jamais été une fan des concerts. Il y a des artistes que je compte sur le bout des doigts que j'adorerais voir se mouvoir devant moi, mais même lorsque je vivais à l'étranger, je ne me précipitais pas aux venues des uns et des autres. D'abord, je trouve ça idiot de se pousser avec 10000 autres personnes pour écouter de la musique. Deuxio, j'ai horreur de rester debout pendant des heures (et d'attendre la star pendant des heures d'abord). Tertio, la performance live égale rarement la qualité studio (ce sont des appréciations personnelles, je vous le concède) et tout dépend bien sûr du genre musical. Je garde un horrible souvenir de Lauryn Hill en concert. Jamais star n'a autant incarné pour moi la déchéance en live, vêtue comme un homeless, agissant comme une droguée (qu'elle était probablement ce soir-là), avec une cacophonie de douze musiciens sur scène qui noyait sa voix. Je regrettais son MTV Unplugged. Me suis cassée, amère.
Bien sûr, je ne cracherais pas sur Madonna live, ou Led Zep, ou d'autres encore, mais je crois que le confort d'écouter chez soi et de se dire que cet artiste chante pour vos oreilles exclusives, cette idée romantique que cette chanson a été écrite pour votre dîner de ce soir, ou pour ce coup de foudre inattendu, ou pour ce chagrin d'amour insurmontable, ou pour vous donner la pêche lorsque vous sortez de votre métro pourri pétri de vos doutes existentiels quotidiens, reste absolument délicieuse.
C'est pour cette raison que j'ai longtemps hésité pour George Benson. Mais pour une fois qu'on avait quelque chose à se mettre sous la dent, il fallait bien l'honorer, même si elle n'est pas votre premier choix. Alors, après avoir bravé une circulation infernale, parqué la voiture à des kilomètres, franchi le barrage des securité guys, enduré des compatriotes qui sentent des roses jusque là inconnues, dépassé des enfants qui étaient là on ne sait trop comment, nous y voilà. Et lorsque George a commencé à égrener ses premières notes, j'avoue que j'étais bien, très bien. Il ne faisait que jouer, il ne chantait pas encore, et c'était un délice. Comme si je lisais un texte, un vrai, limpide, profond, avec une vraie ponctuation, de vraies idées. Je sais que le rapprochement n'est pas aisé. Mais c'est le seul qui me vient à l'esprit. Cette musique me parlait; Je réalisais que ce que j'écoutais tous les jours à la radio était le plus souvent un boucan pollueur. Et là, c'était un répit, tout en douceur. Lorsqu'une pluie fine nous a gratifiés d'un rafraichissement inattendu à la fin du concert, ça a rajouté un charme fou à la situation. No, never give up on a good thing.

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posted by Najlae
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