Monday, October 05, 2009,12:23 AM
Ayla in chains
 
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Sunday, October 04, 2009,11:31 PM
Brain ride
Mon cousin Mohamed est bien arrivé en France, ma tante m'a dit. Son pétrin dans son baluchon, il a débarqué pour une formation de six mois dans une immense institution gastronomique de l'Hexagone. Une formation à 60.000 euros, au diable l'avarice quand on a la passion. Et l'argent (me mords-je les lèvres). M'en fous, Mohamed sera le prochain Fauchon. En attendant, il est dans son foyer de futurs magiciens des palais. Il a acheté une bicyclette et traverse tous les matins un paysage aussi vert que ses yeux. Je pense à lui quand je suis sur ma route, mes routes. Un jour, j'irai le voir au Ritz, à Paris. Ou à Saint-Trop. Ou à Napa Valley. J'aurai les larmes aux yeux en serrant le "chef" dans mes bras. J'en chiale des années à l'avance.
Je chiale pour Moukhtafoun, pour un gosse perdu dans un supermarché, pour une vieille qui traverse la rue, pour un tremblement de terre dans une île lointaine soudain si proche, un monsieur tient la photo de sa femme dans la main et la cherche dans les décombres, une ville pleure car elle aura pas les jeux olympiques, l'autre danse car elle l'aura, elle danse en couleurs, son président chiale comme moi.
J'ai pas chialé quand ils sont partis. Même quand Adam m'a dit: "I'm gonna miss you, tata". On s'est fait des signes de la main, des coucous pour qu'il oublie pas, même quand lui retourne voir "Jason, Jessica, Melanie and Noah" et moi mes "Rachid, Saïd, Brahim, etc". Ces trois prénoms me hantent depuis que les intersections de la vie m'ont fait croiser les trois personnages dans la campagne italienne.
Je chiale à l'intérieur. J'insomnie à l'extérieur. Je voudrais tellement que les histoires des uns et des autres restent là où ils belong; c'est à dire sur les bandes magnétiques des cassettes. Et pas dans mon cerveau déjà barbouillé. Je vous les présenterai fin octobre, si vous voulez bien les écouter. En gros, je n'ai pas sauté du plongeoir.
 
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,11:26 PM
Meanwhile
 
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Monday, August 31, 2009,11:34 AM
Qu'est-ce que je dois faire?

Alea iacta est
 
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Sunday, August 30, 2009,10:10 PM
Season 4
Cette reprise est un véritable cauchemar. A peine habituée à l'institution du petit-déjeuner, aux insomnies permises et encouragées, aux déjeuners à 17h, à la déconnexion complète de l'actualité, aux abris de plage, à la non-navette, aux tongs portés 24h/24, au bouquinage aléatoire, aux ronrons spontanés devant les compétitions d'athlétisme, au semi-nudisme assumé, etc etc. Voici venue la saison des retours.
Mon retour, c'est d'abord l'attente du train dans cette charmante gare de Skhirat. L'été lui a été bénéfique puisqu'elle a été repeinte à la chaux. Mais personne n'a pensé au "côté jardin". Tous les jours, un peu plus de Raibi Jamilas et de bouteilles de soda jonchent la semi-pelouse bordant les quais.
Une fois à l'intérieur du train, le seul mot qui me vient à l'esprit est tze3lik, tant les tablettes sont grasseuses, les vitres embuées et les repose-tête absolument dégueulasses. Cette semaine, le train s'est -longtemps- arrêté à Bouznika, sans aucune explication, jusqu'à ce qu'un autre train quinquagénaire se gare sur l'autre voie. Les deux jeunes assis derrière moi ont emmené avec eux "leurs" coussins. Comme quoi, il n'y a peut-être que moi que ça dégoûte.
Taximan n°1 a toujours des coussins crasseux.
Taximan n°2 crache par la fenêtre.
Taximan n°3 se cure le nez pendant tout le trajet.
Commissariat n°5 flambant neuf.
Policier n°1 fait une boulette d'un brouillon de dossier et le jette par terre. Pas de poubelle en vue dans tout le bâtiment.
Policier n°2 parle au vieux monsieur qui-va-crever-sur-place comme s'il parlait à un rat domestique.
Policier n°3 essuie ses mains et celles du vieux monsieur de l'encre à empreintes digitales avec du papier bulle et en fait une énorme boulette qui rejoindra les autres bouboules.
Un trajet. Des trajets. Une foule qui se bouscule en continu. Une galaxie de hamsters endormis, comme moi. Les trois palmiers frères de Mohammédia. Un soleil de plomb et une soif en acier. Une tribu d'inconnus et de connus qui ne prennent jamais de douche. L'usine Cicalim et son odeur infecte. Un communiqué royal. Un chien qui dort. Un chat qui m'attend à 2h du mat. Un départ, des départs, vous en avez de la chance. Un passeport confisqué. Un champ de tournesols calcinés. Tes yeux. Des abeilles qui épousent des chebbakias. Des rêves turcs. Des regrets casaouis. Des projets rbatis. Wait, non, des rêves rbatis, inculqués au karcher, frottés au Mr Propre, avalés comme un médicament. Ma sitcom personnelle au Maroc, en saison 4.
 
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Sunday, July 26, 2009,10:40 PM
Eté 2009
J'ai rencontré une nouvelle forme de solitude et franchement, je m'en serais bien passée.
Je pensais toutes les connaître mais cette garce m'a eue, même si je m'étais bien préparée. Je te l'avais dit en rigolant, je riais jaune.
Tout est dépeuplé, c'est d'un pathétique cuisant. Cheb Abbas, après Lamartine, a su nuancer ces terribles sentiments de désarroi.
Les départs, les nôtres, sont libérateurs. Les départs des autres (pas pour l'au-delà cela dit) sont castrateurs. C'est ainsi que je le ressens. Ces drames superflus sont le propre de cette idiote invention appelée "vacances".
Alors, on se console comme on peut. J'ai décidé de partir à la découverte de mes proches, pour changer. J'ai commencé aujourd'hui par ce que j'appelle mes "petits cousins", c'est-à-dire des gens dont on se rappelle du jour de naissance, qui ont grandi devant nous et qui sont devenus ces êtres musclés, poilus, avec un permis de conduire et bientôt des revenus.
L'un d'entre eux, Mohamed, est mon préféré d'entre tous. Depuis sa naissance. C'est la douceur et l'altruisme incarnés (triplés d'une bogossitude somme toute familiale, n'est-ce pas). Je suis convaincue qu'on ne change pas au cours des années. La bonhomie est dispersée à parts inégales à la naissance. Il a raflé toutes nos parts. Je le vois, en marchant à côté de lui sur une plage bondée. Mohamed avec sa silhouette carrée et ses yeux verts, piqués dans Adobe Photoshop, j'en suis convaincue. J'avais moi-même oublié qu'il n'était plus un bébé. On a parlé comme des adultes et, l'espace d'un moment, j'avais oublié le remaniement, pour quelque chose de moins dramatique.
Et s'il rigole de me voir à la télé, je suis toute émotionnée de le voir prendre un chemin qu'il a dessiné lui-même. Il devait devenir médecin, comme sa mère. Ou ingénieur. "Ah oui, télécom c'est très bien". Y a pas mille métiers respectables pour un Benmachin, n'est ce pas. Et puis finalement, non. Il claquera des portes, sèchera des cours, traînera, se disputera, persévèrera pour devenir chef pâtissier. L'affront. Il a trouvé sa voie, dans la frénésie de l'atelier, dans sa solitude à lui face au pétrin. Je l'ai presque envié pour cette sérénité, que je cherche toujours.
 
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Friday, June 12, 2009,9:49 PM
Leplubop...
 
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,9:49 PM
51
51% de participation, a dit M. Benmoussa.
 
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Thursday, June 11, 2009,11:46 PM
November rain

Pacific Beach, CA, last November
 
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,11:39 PM
Minuit moins 15, 12 juin
Ce n'est pas pour rien que j'ai mis sur mon status facebook que j'étais "diving into elections shit". Doux euphémisme. Je sais que la réserve journalistique doit primer, ce n'est qu'un blog. Je ne peux pas pointer doigts et orteils vers le 1 trillion de choses qui ne vont pas. Il faut dire: c'est moi qui ai insisté pour couvrir les élections alors que tout le monde, ou presque, m'en dissuadait. Je crois que je dois étrangler à jamais mon côté d'irréductible optimisme (sous des tonnes de cynisme) qui prend toujours le dessus. Car, que de déceptions! J'essaierai d'y revenir sous une infinité de couverts d'anonymat. Mais entre les hystériques, les sauvages, les hysétriques, les sauvages, les corrupteurs déclarés, les sauvages, les incompétents, les hystériques, les analphabètes de la vie, les sauvages, les bookmakers des élections et le reste, mon optimisme ferait bien d'aller mettre un bon niqab.
 
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Tuesday, June 02, 2009,11:57 AM
Pouvoir
 
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Sunday, May 31, 2009,10:50 PM
Hirondelles
J'ai rencontré la sérénité aujourdhui,quelque part sur la côte tangeroise,côté océan bien entendu. J'ai rencontré la sérénité,sans warning sign. Étrangement,elle parlait espagnol. D'instinct,je lui souris. Il s'agissait de ne pas rater la rencontre. Le vent était l'invite surprise,personne n'est parfait. Ici c'est le bout du monde et l'occasion méritait plus qu'une brise.
J'ai ôté mes plateformes de 15 centimètres pour être à la hauteur de la situation. Mon coeur était tous ces bateaux à la fois qui prenaient le large. Ma rage,elle,amerrissait lentement. Je la laissai dans la voiture.
Un cheval,au loin. Une aire de repos familière. Des souvenirs de rien. Des tournesols à perte de vue. Des pouces qui me disent des choses. une table de ping pong. Une maquette d'airbus. Je m'oublie,un temps.
Au placard,toutes les abjections de soi. Pas le temps.
 
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Thursday, May 21, 2009,7:29 PM
Conquêtes

 
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,7:10 PM
Esperarte
L'aéroport, tous les aéroports, agissent sur moi comme un oignon géant.
C'est simple: une fois dans le lobby des arrivées, je m'empêche de regarder les gens. Je trace, poussant mon chariot, scannant l'entourage, à la recherche de la figure aimée qui m'attend.
Mais cette fois-ci, je me suis faite avoir: c'était moi qui attendais.
Je déteste ce rôle. Mais je n'avais pas le choix. Alors, pendant une heure, me voilà à scruter la porte automatique d'où sortent à tour de rôle des jeunes, des vieux, des obèses, des rachitiques, des chauves, des ninjas, des pélerins, etc.
Les pélerins sont ma catégorie préférée bien entendu. Pour les accueillir, non pas un, deux, mais au moins dix personnes. Lorsqu'ils arrivent, comme des anges éclatants, le corps fatigué, l'âme apaisée, l'auréole presque tamponnée sur le visage, c'est une distribution gratuite de baraka dans l'aérogare. J'idéalise, ne m'en voulez pas. Images des grands-parents incrustées à vie. Leur odeur aussi.
Le temps passe. Un gosse me tourne autour. Enfin, ils sont deux. L'un est tout petit, mignon, la coupe de cheveux d'une pub pour shampoing. Son frère est plus âgé, plutôt laid, porte des lunettes. Une injustice par famille est déjà insupportable. Mais lorsque le petit récolte tous les câlins paternels, c'est criminel.
Les familles éclatées provoquent des larmes immédiates. La jeune maman courant vers son bébé m'a assassinée à bout portant. Depuis combien de temps ne l'a-t-elle pas vu? Peut-être une heure. Peut-être trois jours, un mois. Qu'importe. Une séparation est une séparation.
La vue de ces êtres dont tout était dépeuplé jusqu'à ce triste hall m'achève. Comme une émission de société qui déshabille les misères des uns et des autres et dont certains se saoûlent à longueur de journée, ce sont autant de tranches de vie recomposées dans trente mètres carrés.
Le temps passe. On guette une ombre, une valise rose qu'on aperçoit lorsque la porte automatique s'écarte pour un policier, une file au loin. L'être aimé est toujours dans les intestins de la bête. Les êtres aimés des uns et des autres arrivent. Et lorsqu'ils sont là, plus rien ne compte, ni le ridicule des cris, des gestes, ni l'état de fatigue, les cheveux emmêlés, le mascara qui coule. Et ces retrouvailles toutes pudiques tricotées au silence, ces enlacements puissants mais courts, donnent toute leur valeur à ces attentes individuelles pénibles et libératrices. Que moi-même, j'ai connu.
 
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Wednesday, May 20, 2009,11:34 AM
Occupation

 
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,11:33 AM
Hara-Kiri
Tant de cadavres de papillons sur mon pare-brise. C'est le printemps.
 
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Tuesday, May 12, 2009,2:37 AM
Effractions
Tous les jours, je vais m'asseoir à la terrasse de la maison qui n'est pas la mienne.
Je la désire de toute mon âme. Même si je le voulais, je n'en aurais pas imaginé une aussi jolie.
C'était un coup de coeur. Ca l'est toujours. Un amour d'enfance ne s'éteint pas devant mille aventures de feu. Alors j'attends que vienne le moment de me consumer entre ses murs. J'attends, ça viendra. Un amour ne s'efface pas, tout court.
Tous les jours, je regarde à droite, à gauche, traverse la rue, tends une main sûre vers la serrure du portillon, comme un amant vers le bouton de sa rose. C'est ma délivrance que j'inaugure. Je traverse le garage, mes pieds ne touchant pas terre, la bouche ouverte, pour faire entrer deux fois plus d'air: celui qui rajoute des secondes à ma vie; j'en suis convaincue.
La terrasse est mon point faible, le moteur de tous mes fantasmes. Dangereusement hallucinogène. Je vois des transats blancs. Je caresse un labrador sable imaginaire. Je sirote une citronnade qui n'existe que dans ma tête (j'en salive). Je planifie une sieste dans mon hamac du Costa Rica. Car ma terrasse a un arbre qui date de mes rêves, donc vieux. Je réfléchis à repeindre, satanée humidité. Je songe au prochain barbecue. Je m'oublie dans la vue, qui a été inventée dans cet objectif: faire des secondes des années, des siècles de dialogue ininterrompu avec mes soeurs les vagues. Aussi chevelues que moi, juste plus courageuses pour se cogner la cabesita contre de bien durs rochers. Je vois un bonheur justifié par ce toit rouge comme ma rage. Une khayma pour une pèlerine en soif d'aires de repos sur une autoroute sans panneaux. Une pelouse qu'on envie à des imbéciles aveugles, puisqu'ils ne voient pas que leur bonheur est juste là, dans un pré bleu-gris, où je me noie à déraison.
 
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Tuesday, April 14, 2009,8:01 PM
Mix-ups

Comme certains de mes amis le savent, un de mes hobbies est de faire rencontrer différentes personnes de mon entourage immense et infini. Je parle généralement de personnes de sexe opposé. Oui, accoupler peut correspondre comme mot. Ceux qui auront vu la première saison de L world comprendront.
Alors qu'est ce que ça donne?
Ben H. l'ingénieure de service à la fois carrée et créative irait bien avec Y. l'associatif chevronné.
Ou H. le commercial talentueux plairait à N. la notaire sensible.
Et ainsi de suite..
Encore faut-il que la chose se passe naturellement et que les deux victimes de mes plans machiavéliques ne s'aperçoivent pas de mes combines. Et encore faut-il que mon fabuleux emploi du temps me permette de voir du monde. Et même en ne sachant pas si ça va coller ou pas, on essaie, tout bonnement. Si ça colle, commence l'agréable phase des sourires débiles, d'interprétation philologique approfondie des sms, du décryptage des ondes de sa voix, de la mémorisation de sa paire de converses préférée, de découverte de ses phobies, de ses talents culinaires, de sa potentielle capacité à nous impressionner, ilkh, ilkh...Ainsi va-t-il de l'amitié. Cette semaine, le boulot a été l'occasion de magnifiques retrouvailles dignes d'Al khayt al abyad. C'était aussi la semaine rencontres. Le lieu: les abattoirs de Casa, plus connus sous le nom de "lbtoir". Les protagonistes: des citoyens du mouvement "nayda" (auquel je n'adhère pas, mais ce n'est pas le propos). En courant dans tous les sens, on croise d'autres esclaves courant dans l'autre sens. En une fraction de seconde, tout est dit. J'appelle ça: l'imti7ane du eye contact. Ca passe ou ça casse, n'est-ce pas?
J'aime votre petite coupe vivace, votre sourire rayonnant, votre boléro rouge, je m'extasie devant votre installation, votre motivation, votre sens de la communication. J'éclate de rire à votre sens de l'humour. Vous me reprochez ma blasé attitude. On s'amourache d'un appareil photo. On se rejoint sur NY. On se re-quitte, on se re-retrouve. On partage un fruit, trois tofitas, un red bull pour tenir. Cette curiosité pour des gens qu'on ne connaît pas, je trouve ça d'une beauté, d'un frais, d'un joyeux qui boombastic le coeur. Le mien en tous cas. Lassé d'amitiés perdues, assassinées, il retrouve, là où il ne l'attendait pas, l'adrénaline dont il avait besoin.
 
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Saturday, April 11, 2009,12:55 AM
Expériences In-thé-rdites
L'artiste n'avait pas besoin de questions. A peine a-t-il su que la caméra était pointée sur lui qu'il se mit à nous expliquer son œuvre. C'est un travail de longue haleine, nous avons compris. C'est l'aboutissement d'une longue réflexion, le partage, le symbolique, la paix, conjugués à ce lieu magique, que dis-je, extraordinaire. Une véritable muse. Cet homme moustachu si aimable est un passionné, nous n'en doutons pas une seconde. Il a exposé partout. Il est connu pour son travail avec et sur le thé. A toutes les sauces il l'a exposé et ce n'est pas fini. Car justement aujourd'hui, c'est une installation particulière qu'il nous propose. Avec un miroir recouvert partiellement sur les bords d'une couche de thé vert. Alors que l'artiste monologue, mes yeux sont attirés par son assistant, un homme de son âge, tout aussi moustachu, ouvrant avec un cutter les boites de thé au fur et à mesure. Surtout, il est dans l'incompréhension totale de cette idée saugrenue d'éparpiller du thé vert sur un miroir. Mais ce n'est pas à lui de juger. Alors, pendant des heures, ce pauvre gars a patiemment ouvert 200 paquets de thé dont il a vu le contenu se disperser devant ses yeux par terre pour l'amour de l'art. Nous avons pu lui parler par la suite loin des oreilles indiscrètes. Tant de berrad d'atay de gâchés...Il en a le coeur tout retourné le pauvre. Un peu comme le banquier qui passe ses journées à compter des liasses de billets. Quelque chose me dit que l'installation ne restera pas intacte longtemps!
 
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Friday, April 10, 2009,3:25 PM
En face de la maison

Ou l'art de trouver le bon nom pour son bateau
 
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Thursday, April 09, 2009,11:58 PM
Le génocide des mimosas
On revenait de la pause-déj en "restau d'entreprise". Il était environ 1415. Soleil de plomb. Trop de soude dans l'estomac et aucune envie de digérer à courir après les "personnages principaux". Toujours est-il. Arrivés au bout de la rue de "l'endroit", la foule saute aux yeux. C'est un incendie, je dis. Non, une bagarre, il dit. Sûrement un accident, lance l'autre. L'autre a souvent raison. C'était hélas le cas cette fois encore. Impossible de traverser la foule compacte en voiture. On descend. Dans ma curiosité parfois inutile, je me fraie un chemin entre ados boutonneux et adultes hystériques. L'accident: 6 jeunes dans une bagnole de location. Deux garçons à l'avant, quatre filles derrière. Le conducteur -en état d'ébriété nous a-t-on dit- roulait bien trop vite (120 nous a-t-on assuré). Il a voulu doubler à droite et n'avait pas prévu une semi-remorque garée en face. La voiture a fini sous le camion. Je répète: SOUS.
Sur le coup, une fille est morte. Je revois ses cheveux qui pendaient. Et sa main tendue à je ne sais quoi. Elle est restée coincée dans la voiture. Les pompiers ont du scier la tôle pour la faire sortir.
Les autres passagers ont été évacués par les témoins de l'accident. Tous saignaient. Le garçon du siège passager avait la veine jugulaire coupée. Il est mort quelque temps après, suivi par une seconde fille puis la troisième. Miracle: l'ambulance n'a pas mis cinq minutes à arriver. Le secteur a été quadrillé en un temps record. Les curieux augmentaient à la seconde. J'ai toujours cette impression que les Marocains sont avides de sang.
Que foutaient 4 filles (adolescentes) à l'arrière de cette voiture de location? Où allaient-elles? Qui étaient-elles? Dix milliards de questions fourmillaient dans ma tête alors que je regardais le bain de sang s'écouler dans le caniveau. Mon cameraman est anté par les images de la cervelle de la dernière fille que je n'ai pas pu subir.
Les gars de la protection civile ont longtemps fait couler l'eau pour faire disparaître les traces de sang. Notre OPS a dit: "c'est pour éviter que des femmes récupèrent le sang pour de la magie noire". Ma nausée n'a pas disparu depuis. La route tue. Des êtres dans la fleur de l'âge. Et des fleurs tout court.
Un jour, ils ont érigé une tente caïdale sur les abords de la ceinture verte de Rabat. C'était pour l'inauguration de la "troisième voie". Celle de l'autoroute s'entend. Ô joie. Quelqu'un s'est rendu compte que deux lanes de Rabat à Casa équivalait en heure de pointe, c'est-à-dire tout le temps, à une crise de nerfs automatique pour les navettistes. Ils ont choisi l'extension de la route par le milieu. Des hommes ont brisé les branches, énergétiquement. Des femmes les récupéraient parois, sûrement pour le chauffage. Maintenant, les trax ratissent les leurs par brassées tous les jours.
Si impatiente que je suis de voir la route s'élargir, je suis attristée par la vue de ces tonnes de mimosas fauchés -si j'ose dire- pour une carrière de fumier. Sur ma route solitaire désormais, un océan de béton et juste des souvenirs de mimosas.
 
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Saturday, February 28, 2009,8:38 PM
Atlantide
C'est la faute à Jesus. La faute à Jesus si un weekend qui s'annonçait paisible et reposant s'est transformé en un véritable cauchemar. La faute à Jesus si je suis anéantie, à ce moment bien précis. Je lui en veux, terriblement.
Tout a commencé par sa négligence. "Je suis désolé", il a dit, inconscient de l'ampleur du désastre. Car c'est un véritable désastre. Tout ce qui m'est précieux (qui ne soit pas des habits hein :) ) englouti par les eaux. Mes correspondances, mes journaux intimes et surtout mes photos, celles de toute une vie. Par miracle, l'album de mes premières années a été épargné. Mais les centaines, les milliers de clichés de mes vies précédentes, de mes proches, de mes amis, mes voyages, mes rencontres avec des personnalités, tout, tout, est devenu un amas de feuilles blanches cartonnées avec des gribouillis de couleurs qui collent aux doigts par dessus.
Alors, toute la journée, assise par terre, courbée, hésitante, terrassée par la vision horrible de tetes sans bouches, de corps sans bras, des visions de personnes défigurées par l'humidité, j'ai essayé de séparer les photos désormais collées l'une à l'autre. Quand je découvre un semblant de photo, je mets tout de suite de coté en rendant grace au seigneur.
Un polaroid représentant mes grands-parents à la Mecque ne représente plus rien du tout maintenant. Mon séjour à Strasbourg n'est prouvé que par deux photos aujourd'hui. Et un relevé de notes qui sèche dans la cuisine, au moment où j'écris. Je n'arrive plus à déchiffrer ce qu'il y a d'écrit dans mes journaux intimes, tant l'écriture est diluée. Et mes lettres reçues, on dirait qu'elles ont été écrites à l'encre indélébile. Des pages blanches...
Pourquoi s'attache-t-on tant à ces choses-là? Pourquoi ma vie a-t-elle besoin de ces photos pour se justifier? Je m'en veux d'etre aussi sentimentale. Mais je m'en veux encore plus de ne pas avoir laissé ces choses près de moi et de les avoir confiées à ce satané Jesus.
En fightant le haut-le-coeur qui me prit, j'ai du jeter des dizaines de lettres, de Marie, de Hajar, d'Hélo, de Hanaa, j'ai égoutté des cartes postales de Fadwa (du temps où un trip à Tanger était digne d'une carte postale ^^), de Merouane, de Ji, d'Ahmed, d'Imad, d'un de mes professeurs, de mes frères, des petits mots d'Oussama, de Mehdi, de Tarik, d'Abdessamad, des fotos de légende avec mes inséparables (Fadoua, Bilal, Khalid, Driss), des preuves d'amour de Washington, de Malaisie, de Hawaii, de Kabul, de Rome, de Dubai, d'Ohio, du Mexique, d'Ifrane, de Shanghai, de New-York. Des petites enveloppes bleues ou jaunes avec "à sa majesté" ou "to the birthday girl" écrits dessus. Des kilos de papier sont devenus de la pate à modeler. Et moi de retenir des petites larmes. J'aurais appris ma leçon cette fois. Mon prochain achat sera un scanner Xerox, c'est décidé. Pour pas perdre à jamais la trace de mes films quotidiens.
 
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Monday, February 23, 2009,11:16 PM
La HACA dit: pas de nouvelles TV

C'est la deuxième bonne nouvelle de la semaine. (Oui, c'est de l'humour).
 
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,11:05 PM
Berkeley rules!
Non, je reviendrai pas sur Slumdog, sur Hugh, sur la barbe de Brad Pitt, sur l'élégance ronde de Kate Winslet et la classe indescriptible de Sean Penn, ni sur les yeux d'Angelina. Moi je veux vous dire que dans le palmarès figure une certaine Megan Mylan qui a fait la même école que moi et qui a remporté l'oscar du meilleur documentaire. Si c'est pas beau (et déprimant) tout ça.
 
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,12:01 AM
La baghia la...
Immense nouvelle (refroidie depuis, cela dit) : Ni pute Ni soumise ouvre son antenne au Maroc. C'est Florence Beaugé qui nous le dit dans les colonnes de Le Monde. Qui sont les polytechniciennes en question, qu'est-ce qu'elles ont l'intention de faire au Maroc, avec quels moyens, pourquoi? Aucune trace d'aucune réponse.
Comme si c'était une actualité qui méritait un article dans Le Monde...
 
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