Sunday, December 30, 2007

His Blueberry tarts


Arnaque monumentale qu'est le dernier Wong-Kar Wai. Trois ans après le bittersweet 2046 et sept ans après le nostalgique, soyeux, pudique, asymétrique et ivre In the mood for love, il sert une sorte de film godiche, lent, ennuyeux, avec une Norah Jones fade comme ses chansons, un Jude Law au regard vitreux, un scénario lourd, où on se demande en permanence quand est-ce que le film va "vraiment commencer". Le synopsis décrivait vaguement une "recherche du sens de l'amour après une déception amoureuse". La réalisation est encore plus vague que le scénario. On cherche désespérément la movie dans "road-movie". Les séquences ne sont que des prétextes à invoquer la bande son, et non pas le contraire. On aurait dit que Wai s'essayait à un nouveau logiciel de montage, tant il a abusé du "blur" et autres effets bizzarroïdes dont on se serait bien passés. A part une éblouissante Natalie Portman, le seul moment ultra-marketé du film, et seul argument de vente de l'affiche, est un baiser torticolien à la minute 90. Les entartrés aux myrtilles que nous sommes sommes plus motivés pour Rambo4! Vivement!

Monday, December 24, 2007

Sunday, December 23, 2007

باحة الاستراحة

En période d'orages, l'eau de l'océan est foncièrement bleue. Et l'autoroute d'un gris indélébile.
Ma compagnonne de route, Amy, pue le vin à dix mille kilomètres mais est d'une lucidité impressionnante. Elle m'amuse à pester contre "cha3b dial l'auto-stop", quand elle voit tous ces gens au bord de la route qui attendent, seuls ou en groupe, une voiture qui s'arrête, une pick-up, un autocar qui freine net. Et là pour l'eid, les passagers potentiels sont bien habillés, coiffés et attendent sous la pluie. Parce qu'il n'y a pas d'autre moyen.
Des enfants marchent dans le sens contraire à celui des voitures. D'autres dansent sur le pont d'Avignon et crachent sur les pare-brises. Je préfère la salive à un jet de pierres.
Un homme songeur étreint un mouton dodu en surveillant les autres. Un destin vous envoie à la rencontre d'un énorme couteau et vous dédie au sacrifice. L'autre vous dépêche dans les bras d'un grand moustachu. Le destin, oui.
Deux policiers en fin de shift attendent, chacun dans une direction, une compagnie de route de circonstance, une cigarette à partager, un vécu à égrener au fil des kilomètres, un espoir à retrouver en la race humaine.
Un employé d'entretien de l'autoroute avec son uniforme fluorescent s'amuse à faire quelques pas au bord, puis au milieu de la chaussée, comme un gendarme qui s'apprêterait à arrêter des voitures roulant trop vite. Et ça marche. Coup de frein chez les bolides. Sourire du bonhomme. Grisant pouvoir! Il poursuit son remake, tant qu'il y aura des kanbous.
Des Mercedes rutilantes vident leurs cendriers sur la route. D'autres (passagers de Mercedes rutilantes) recrachent des graines de pépites. De quoi booster l'indice national de développement humain. Les employés du péage se surpassent pour battre le record local du sourire-monnaie-ticket-feu vert. Un arc-en-ciel majestueux se dessine par-delà les vignes. Un grand écriteau vert invite à "l'aéroport de Benslimane". Une voiture de dépannage se fait dépanner. Des centaines d'oiseaux non identifiés plannent autour de la décharge de Aïn Harrouda. Un homme enturbanné fait son jogging. Des milliers d'automates tomobilisés s'engagent dans l'entonnoir du périph'. Et Amy de supplier de s'arrêter pour une pause pipi. Promis, la prochaine fois, je prends une caméra.

Tuesday, December 11, 2007

Mirages nocturnes


Blinding lights city, brown faces and hungry hearts have not fed my soul. I kept searching for a hat.

Monday, November 26, 2007

World Cup 2010, Tanger 2012..

Réaction à chaud: immense déception. "On a mené une campagne exemplaire. Notre pays a de quoi être fier", a déclaré Khalid Naciri au micro de Fadwa Hassani. Il est temps de réfléchir aux raisons de nos échecs- ou nos non-réussites. Ca plombe sacrément le moral de la oumma..

Go Tanger!

J'espère! Sait-on jamais?

Brother can you spare a compass?


Je me suis prêtée au jeu après l'avoir vu chez Reda puis chez Loula.

Je suis assez surprise du résultat:

Envie d'essayer?

Sunday, November 25, 2007

Where Boys Grow Up to Be Jihadis

Le quartier de Jamaa Mezuak à Tétouan serait un terrain fertile d'export de moujahidines pour l'Irak, entre autres, d'après Andrea Elliott, journaliste au NY Times et prix Pulitzer pour sa série de reportages sur l'Islam en Amérique.
"Since the start of the war, a few thousand foreign jihadis have heeded the call to join militant networks in Iraq. Most are men in their 20s. Typically, they fall under the influence of an imam who helps them contact intermediaries for the insurgents in Iraq (...) fewer jihadis are coming from Saudi Arabia, while more are arriving from North Africa, an estimated 40 percent of the roughly 60 to 75 fighters who land in Iraq every month". More HERE

Meeting Leo

Il y avait ce vent des steppes skhiratiennes. Le bout de mon nez était assorti à mon écharpe. J'avais autrement imaginé mon dimanche après-midi que cette congélation qui me rappelait les filets de maquereaux dégueulasses dans le supermarché de Berkeley.
On marchait emmitouflés dans nos manteaux. Nos baskets aux pieds. Deux gendarmes sur de magnifiques chevaux noirs nous toisaient. L'eau était boueuse, l'île verdoyante et nos pieds s'enfonçaient dans le sable. Au loin, mille tempêtes faisaient écho à nos volcans intérieurs.
Tiyara dormait quand on est arrivés. Il s'est longtemps brossé les cheveux sur le seuil de sa porte. Je ne savais pas qu'il avait emménagé dans des toilettes. Je feins la normalité de la situation. On se pose sur des rochers artificiels. On parle de ceux d'ici et de là-bas, de nous, d'hier, de demain. Tiens, hier, Tiyara a compris pourquoi Dieu l'avait assigné à glandouille longue durée dans l'isolation du ici. Il fumait peinard. Un Américain mal rasé suivi d'un colosse demande s'il peut jouer au volley dans le petit terrain aménagé en face. Tiyara acquiesce. Nom d'une pipe! C'est bien Leonardo Di Caprio? Il secoue la tête. Le dernier joint date d'il y a quelques jours, il ne rêve pas. A deux mètres de lui, Titanic-man, en tournage à Rabat pour quelque temps, a loué une baraque face à la mer. Là, il joint les deux mains pour recevoir le ballon. Le bodyguard garde l'oeil bien ouvert. Tiayara et son sourire, je les vois d'ici! Il a attendu sagement la fin de la partie. Il a gentiment demandé à prendre une photo avec Leo, ou même deux, avec son portable. Il lui a parlé un peu. Le bonhomme était gentil. Dommage que les photos aient été prises après le coucher du soleil sinon on les aurait imprimées sur des tee-shirts, des maillots, des serviettes de plage! Ça nous a réchauffés, cette histoire. Mais moins que les horizons turquoises d'un désir vieux de dix ans.

Saturday, November 17, 2007

Ghosts

Everything happens for a reason.
J'étais fâchée de devoir venir tôt. J'étais fâchée de devoir être là, et pas à mon bureau, où m'attendaient mille choses. Il fallait être à cet hôtel, à ce palace, à l'heure, motivés, prêts à brainstormer. Et nous y voici. Mais le monde ne peut pas s'arrêter. Il faut prendre une minute, sortir, appeler, rappeller, s'enquérir de ceci, de l'avancement de cela. Et c'est dans le hall, entre deux appels, que je le vis, lui! Je l'ai reconnu tout de suite. J'ai vu son visage, furtivement, avant que ne se referment les portes de l'ascenceur. Le Japonais!
Tu te souviens? On revenait de voyage. Nous et notre fatigue, nous et nos cernes, nous et nos batteries au positif, nous et nos cartes mémoires chargées de photos, nous et nos rétines brillantes. Je n'ai aucun souvenir du trajet jusqu'à Casa. Juste soudain le choc, soudain le chaos, soudain les soupirs, soudain la fatigue. Et la foule dans le train, compacte, hideuse, puante. Et ce monsieur distingué qui traînait sa petite valise. Un Takeshi Kitano au regard qui tue, avec une merveille de chemise en lin, du vrai lin. Ce monsieur, il respirait la pureté. Il respirait le Japon. Et nous, émerveillés, respectueux, guettant la moindre hésitation de Stranger San pour lui assurer que nous lui indiquerons la bonne station. Peut-être qu'il nous rendra la pareille. On le chercherait à Narita, comme on chercherait un monument, une marque de soda familière, un parapluie. Il serait notre décodeur de Yamato-Kotoba. Il nous sourirait comme un personnage de film auquel on s'attache. Et je me suis attachée à lui. A cet épisode. A la lueur au milieu de la puanteur. A la classe innée. Et ça n'a pas d'importance. C'est fou comme parfois, on s'attache à des choses qui n'en valent pas la peine.

Wednesday, November 14, 2007

Constructed nightmares

All Hillaries?

I'd like to keep thinking that only the most insecure men feel threatened by women's confidence, and ambition. Truth is: I get proof everyday that it might me a mere illusion. The strength we, as women, might be looking for might as well be found in ourselves. Even in a Maureen Dowd op-ed piece, and even if she's talking politics, I see signs of deep regression. Or is it just an acknowledgement of each other's real sensitivities?
When women were the ones choosing, the more intelligence and ambition the men had, the better. So, yes, the stereotypes appear to be true: We males are a gender of fragile egos in search of a pretty face and are threatened by brains or success that exceeds our own.” Ray Fisman

It's his opinion, yes, but anyway...

Oh God forgive me for I've never fantasized about the flight attendant job

Friday, November 09, 2007

soudain l'Hiver

<

Feu
Uploaded by najlaebb

Thursday, November 08, 2007

Make Up for ever

Hier soir, sur la route de la gare, et dans la laideur génétique du quartier d'Ain Sbaa, je découvre quelques plants de jeunes palmiers. Ca et là on a arrangé des arbres adolescents. Ici, on repeint des trottoirs. Le rond-point tout neuf a vu une importation de terre et de plantes, le tout installé en un temps record. Les détritus étaient conscienceusement ramassés à une heure tardive. Tout espoir n'est donc pas perdu!
Rectif du taximan ce matin: "Sidna arrive en visite".

Wednesday, November 07, 2007

L'âge des cerises

A 6 ans, je découvrais ébahie la chevelure magnifique de Falbala dans Astérix. Je courais presque nue sur les rochers. J'allais à l'école, en m'arrêtant pour cueillir des fleurs, mais pas comme ça!

Sunday, October 28, 2007

la Prière de l'Absent

Aujourd'hui est ton anniversaire. Ton dixième loin des tiens, dans une ghorba aux allures de rêve réalisé.
C'est ton anniversaire. Et on a cru, à tort, bon de t'envoyer une vidéo de tes parents avec leurs voeux. Tu te serais bien passé de la vision de ces deux quinquagénaires grimaçant dans leur salle de séjour, exprimant tout le bonheur qu'ils te souhaitent, loin d'eux. Dans leurs sourires, tu as cru voir un commencement de dentier. Ça t'a fait frémir de dégoût.
Comment ces deux vieux -car il n'y a pas d'autre mot- ont-ils pu être ces dieux de beauté, de prestance et de sveltesse, que tu adulais petit? Il n'y a plus que l'ombre d'une flamme. Celle qui te consume alors que tu appuies sur replay et que tu scrutes chaque partie de leurs corps, incapable de vraiment écouter ce qu'ils disent. Ce qu'ils te disent.
Ils auraient aimé être là, avec toi, autour d'un bon repas. C'est fou comme vous avez passé de longues années sans vraiment apprécier ces repas ensemble. Et là, tout de suite, on a l'illusion de savoir ce qu'on veut, ce qui nous fait plaisir. Mais le savent-ils, eux, ce qui nous ferait vraiment heureux?
C'est ton anniversaire et tu as 28 ans. Les gens autour de toi t'aiment. Tu es beau, tu es vivace, tu es accompli, tu es intelligent, tu es serviable. Tu te tiens bien à table. Tu sais choisir les vins sans pour autant en boire. Tu aides tes potes à déménager. Tu t'y connais en hockey sur glace. Tu es bricoleur. Tu es un as du barbecue. Tu aimes ces gens aussi et ils te le rendent bien. Ta boîte email croule sous les courriers de félicitations. Ta porte s'ouvre toutes les deux minutes et un John, Jack, une Tiffany ont des petits paquets enrubannés pour toi et des "many happy returns" plein les dents éclatantes.
C'est ton anniversaire et tu te demandes si tu n'aurais pas mieux fait de rester chez toi, là où tes viejos vieillissent devant toi, tous les jours un petit peu plus, sans que tu ne le remarques d'une manière aussi foudroyante. Ton meilleur ami, lui, aurait bien voulu voir ses parents vieillir comme ça, lui qui les a perdus ensemble, tout à coup, il y a longtemps. Et toi tu te demandes si ce n'est pas un message, un signe que tu dois y retourner, à côté d'eux. Passer tes prochains anniversaires, et les leurs, à célébrer ces moment ensemble, ou ne rien célébrer mais se regarder, avec les yeux encore ouverts, pendant qu'on est encore là. Toucher la main de l'un, effleurer les lunettes de l'autre, sentir l'odeur de l'un, caresser les cheveux de l'autre.
Mais y retourner pour faire quoi? Un semblant de vie professionnelle pour quelques moments avec tes géniteurs. Un billet d'avion pour une conscience plus tranquille. Sans le sentir, c'est cette dernière que tu te souhaites en soufflant tes bougies.

Saturday, October 27, 2007

Wake up Alone

Il a bruiné longtemps hier, comme pour nous signifier qu'on n'est pas près de voir le bout du tunnel. Et pourtant ce matin, le soleil a fait reculer les couvertures. Les chats se prélassaient dans l'herbe. De quoi me faire oublier qu'il y a quelques heures, je pensais être chaque eucalyptus qui perd ses feuilles, chaque bateau en rade, neither here, nor there, le spectateur indifférent planté face à une toile, un fan de musique sourd, un tamiseur d'oueds en crue.
Il y a des chances qui s'offrent à nous sans rien demander. Et d'autres qui ont justement été méritées car on n'a pas gratté à la porte.
Je renais.

Golden town

Ne m'en demandez pas trop, j'ai bien le droit de frimer sur ce modeste petit espace.
Il y a une dizaine de jours, je me suis abonnée à deux channels sur youtube: le premier est celui d'Al Jazeera (quelle brillantissime idée) et le second: celui de l'Université de Berkeley, qui propose désormais certains de ses cours en ligne.
Le campus, qui offre déjà certaines classes en podcasts, pour ceux qui auraient raté leurs cours, ambitionne d'équiper 70 amphis de caméras, afin de youtuber un max de choses. Avec tous les nobélisés, les futurs nobélisés, les génies que compte l'univ, chacun devrait y trouver son bonheur.
Et comme à université qafza, ville qafza, la ville de Berkeley continue de creuser le sillon Go Green! Le maire de Berkeley a annoncé que la ville financerait l'investissement de ses résidents (à peu près 200.000 dirhams par foyer) en panneaux solaires, comme premier pas pour contrer le réchauffement climatique, à condition que le remboursement se fasse dans les vingt ans.
Plusieurs villes seraient intéressées par ce projet et étudieraient la possibilité de l'appliquer.
Comme quoi, quand on veut...

Liaisons Dangereuses (bis)

Communiqué publié en page 4 de La Vie Eco de cette semaine: Aziz Akhannouch a démissionné de ses fonctions d'administrateur du Groupe Caractères (La Vie Eco,Femmes du Maroc, Nissaa, Maisons du Maroc)."Cette démissionn qui fait suite à sa nomination au poste de ministre de l'Agriculture et des Pêches maritimesn répond à des considérations déontologiques et a pour objectif de lever toute confusion aux yeux de l'opinion publique."
Logique,non?
Désormais, il est à parier que la moindre brève sur la production de patates douces publiée dans La Vie Eco va être scrutée à la loupe.
Par contre, la couverture des activités du Premier ministre par Al Alam sont assez rigolotte, avec force jolis adjectifs. L'avantage avec Jettou, c'est qu'il n'avait pas de journal porte-parole (Le Matin n'aurait pas eu cette ambition je pense).

Thursday, October 25, 2007

Orage à l'horizon



Photo Amine,HI

Proceyate

Difficile de faire plus exhaustif (ou même moins exhaustif) qu'Ibn Kafka sur l'histoire des cinq mandats d'arrêt internationaux lancés par le juge Patrick Ramaël contre cinq Marocains soupçonnés d'être impliqués dans l'enlèvement de Mehdi Ben Barka, notamment le général de corps d'armée Housni Benslimane.
En plein bouclage que je suis, je n'ai pas pu faire le tour de la presse pour voir ce qui a été dit. Toujours est-il, selon ce que j'ai pu voir, si Al Ahdath, Al Massae, ou même Al Alam ont donné les noms des généraux, en grosses manchettes à la une, Radio Atlantic -en tous cas dans la revue de presse de Driss Aissaoui- a donné l'info sans les noms. Sur Medi1, l'info a-t-elle était annoncée?
Sur la télévision nationale, dans les différentes branches de son bouquet bariolé, l'info n'a pas été murmurée. Corrigez-moi si je me trompe.
Il est malheureux qu'il y ait ce fossé entre les médias. Les Marocains lisent la presse. Le bouche-à-oreille fonctionne à merveille. On sent qu'on passe à côté. En tous cas, le silence pèse certainement. La faute n'est pas la télé, à mon avis (même si l'audace peut faire défaut). La faute est à cette période assez confuse où les gens ont tellement perdu leurs repères qu'ils n'osent plus quoi que ce soit, même si c'est juste dans le but d'informer, constructivement.

Formalité

Je suis en train de regarder la déclaration de politique générale du gouvernement, en live, "récitée" par un El Fassi dans une voix monotonissime devant une chambre des Conseillers à moitié vide, l'autre moitié sombrant dans une sieste bercée de chiffres et d'ambitions, envoyant des sms et soutenant leurs mentons de leurs mains. Ca commence bien!

Wednesday, October 24, 2007

Sous Presse

80 journalistes accompagnent la visite officielle de Nicolas Sarkozy au Maroc. Il ne leur faudra pas longtemps pour dépasser leur joli QG et aller à la pêche à l'info, officieuse dirons-nous.

Maroc 2010

Le chiffre du jour est à lire dans la MAP et m'a réellement fait pleurer de rire (ou pleurer tout court):
"ESPAGNE: PRÈS DE 48 MILLIONS DE TOURISTES EN NEUF MOIS"

Ramons. On y est presque. Olé.

Monday, October 22, 2007

Totems & cannibales

Mahi Binebine expose jusqu'à fin novembre à la galerie Bab Rouah à Rabat. Ses toiles sont un régal. Libé a brossé son portrait en ombre et en couleurs.

Saturday, October 20, 2007

Eloge de la douceur

Le plus fâcheux avec les étés indiens, c'est qu'ils nous trompent sur le calendrier. Ainsi sommes-nous déjà entrés dans l'automne, malgré le soleil d'aujourd'hui, m'a appris la chair de poule de cette nuit et mes orteils gelés, à nouveau. Avoir froid aux pieds est le premier symptôme du côté obscur de la force.
La meilleure chose à faire en cas de début de refroidissement est de se déshabiller, en public, sous forme de tentative de baignade à la plage (mais où votre esprit était-il donc allé?). C'est ce que j'ai fait aujourd'hui.
J'ai plongé la tête la première. Mes orteils flottaient et j'ai revu tout le film de nos caras de platano, tentant d'imiter la couv' de Nevermind, sans le dollar, ni la quéquette à l'air, mais les yeux entrouverts et les corps flottant dans un océan de béatitude.
Mon côté obscur me dicte de lâcher du lest à chaque brasse, de faire couler chaque noeud de désillusion, de noyer le cynisme, mais coriaces, ils restent aussi étanches que mon coeur est poreux. A mes risques, à tes périls.
Allez, une dernière plongée, jusqu'à ne plus avoir d'air à recracher en bulles. Une cabriole de plus, pour faire plaisir au côté foetus. Un sourire de plus, sous l'eau, à la couleur d'yeux la plus mielleuse de l'univers. Un petit frisson de plus, avant l'hiver.

Saturday, October 13, 2007

Voeux pieux

Eid moubarak à tous. Je souhaite au bled moins d'infirmes, d'indigents, de veuves, d'orphelins, de chômeurs, de malades, d'improductifs, de va-nu-pieds, de voleurs, d'imbéciles, qui se marchent dessus dans un étalage de misère humaine avec lequel la fête ne sera jamais complète.
آمين

Friday, October 12, 2007

Gouvernement: Godot en vue

En attendant la semaine prochaine, les tractations pour la formation du gouvernement continuent. L'USFP aurait dit niet à Touria Jebrane à la Culture et aurait imposé le nom de Rachida Benmassoud. Exit Boussaid pour peut-être un retour de Douiri. Et enfin, c'est Ahmed Khchichen, actuellement à la HACA, qui prendrait l'Education Nationale.

Thursday, October 11, 2007

cadô dial l'eid: preview du gouvernement

Seraient-ce encore les rumeurs qui font leur place dans nos crânes, à défaut d'une info solide à se mettre sous la dent? Toujours est-il que la communauté des scribouillards croit connaître la pré-liste du nouveau gouvernement. A lire avec des "ohhh!" et des "noooon ???" ou encore des "c'est pas vrai!!!.

Boussaid: tourisme
El Yazghi: ministre d'Etat sans portefeuille
Hjira : aménagement et urbanisme
Birou : l’artisanat
Touria Jebrane : culture
Abbou: Fonction publique
Mourabit: Environnement
Chami: Commerce et Industrie
El gahs : secrétaire d’Etat MRE
Mezouar: Finances
Laenser : emploi
Akhennouch Aziz :Agriculture
Khalid naciri : communication
Benkhedra : énergie et mines
Benmoussa: Intérieur (with Mansouri)
Affaires étrangères: Fassi-Fihri (avec Sijilmassi)
Azziman: Secrétaire Général du gouvernement
Taieb chkili : éducation nationale
Erradi : justice
Fatna Khiyel : secrétaire d’état à la santé
Baddou : ministre pôle social
Ghellab: Transports et équipement
Alami: relations avec le parlement
Baraka: affaires générales
Mechahouri : commerce extérieur
Nawal Moutawakil: jeunesse et les sports

PS/ Mansouri : à la tête du parlement

Wednesday, October 10, 2007

De visu

Lors de son dernier reportage, dans un lycée de Sidi Moumen, Ma collègue Selma Mhaoud a constaté la chose suivante :
Sur 3 classes, une de terminale et deux de tronc commun, il y avait :
- 12-13 filles voilées / classe
- 4-5 filles non voilées / classe
Le ratio a considérablement changé. Lorsque j'étais au lycée, il y a une douzaine d'années, il y avait peut-être une fille voilée sur un total de 28. Néanmoins, on ne s'en sentait pas moins musulmanes. En fait, la question ne se posait même pas.

P.S: cela va sans dire, ceci n'est pas un post anti-hijab. Juste un post de constatation des changements sociétaux.

Monday, October 08, 2007

Doublement tata!


Elle qui refusait de sortir du ventre de sa maman a poussé ses premiers cris ce matin. Miss N.B. (les mêmes initiales!), fille du papa nounours et de la maman nounours les plus nounoursiques du monde, est arrivée pour rocker notre univers à tous.
Je lui souhaite la vie en rose qu'elle mérite déjà.

Sail away,with no boat

Crazy skies all wild above me now
Fall howling at my face
And what I held so dear
Disappeared without a trace

Sunday, October 07, 2007

Pour Imane/ Le figurant

Comment dire à son amie que son compagnon ne lui arrive pas à la cheville? Je me pose la question à chaque fois que je te récupère pour notre virée mensuelle. Le canyon qui te sépare de ta moitié du moment m'engloutit, bouche bée. C'est une telle corvée de le voir, de te voir à ses côtés que je prétexte à chaque fois le retard à notre séance détente-shopping-épicerie fine pour démarrer en trombe.
Et dire que tu es mon inspiration. Tu as été mijotée dans une marmite de science et de culture, de délicatesse et de bonté, de courage et de détermination. Tes diplômes n'ont d'égal que le nombre d'Amnesty, Human Rights watch and co auxquels tu consacres ton temps libre. Dieu t'a donnée le coeur qui complète l'esprit. Je me ris des filles belles qui n'ont pas mérité ta grâce, ton intelligence, ni ton sens de l'auto-dérision, qui ne prend au sérieux que les choses qui méritent qu'on le fasse. Je plains celles qui n'ont pas ta simplicité, ton goût des choses belles, ton dévouement pour le travail.
Et c'est son seul mérite à lui. D'avoir repéré la poulette cuminée que tu es. Lui, cette chose, pas trop vilaine d'apparence, à la culture wikipedia et au style SMS, au parlé comme à l'écrit.
Lui, la virilité assurée dont, peut-être, tu en avais tellement besoin que tu en as oublié le reste.
J'ai du mal à imaginer vos potentiels sujets de discussion, son apport à ta vie, tant il semble faire du lancer de poids et toi du triathlon. Mais ça ne me regarde pas finalement, n'est-ce pas, tant que tu joues -au moins pour moi- le premier rôle?

Thursday, October 04, 2007

Choices


"In a sky full of people, only some want to fly, isn't that crazy?" - Seal

Verbatim

"Nous avons perdu l'esprit de combat"

Mohamed El Gahs, Mais encore

Sunday, September 30, 2007

Ramadan away

J'ai passé trop de temps dans les hôtels dernièrement. Hélas, il ne s'agissait pas du Crillon, ni d'ici ni d'ailleurs. Et par conséquent: أحن إلى خبز أمي،حريرة أمي

et tout le reste...

Ce n'est pas que je soie une fan de harira (je ne crache pas dans la soupe, n'est-ce pas), je ne nie pas non plus la valeur sentimentalo-spirituelle du partage de dattes avec de parfaits inconnus, lorsque le canon retentit au crépuscule: le gosse dont la seule famille est Max, le caniche chauve, les deux filles à la grosse poitrine qui veulent des abats pour le ftour, la Marocaine qui guide trois italiens d'une beauté insolente pour le mois sacré, les garçons du café qui se relaient pour venir voir si on a besoin de quelque chose. Mais au fil des dattes, des boissons et des clopes, les langues se délient. Et ainsi commence mon spectacle favori du Ramadan: la caméra cachée de Najlae.


أما بعد

J'ai droit à des fawazir personnelles. Des légendes, des histoires de mort, d'amour, de vengeance, de dépit, de regrets, que je fais passer avec mon thé.

Je suis une fine manipulatrice, je le dis sans honte. Je pose deux grammes de questions qui nécessitent des heures de réponse. Et je m'aperçois que mes interviewés préférés sont réellement mes collègues: cameramen, ingénieurs de son, assistants. Ils ont cousu les douars du Maroc en voiture, les montagnes à dos de mulets, les villes à pied. Ils ont vu les misères, les handicaps, les corrompus, les cellules de prison.

J'adore écouter Miloud, qui nous raconte son passage par l'armée, du temps où ils ont construit "le mur", là-bas dans le Sud. La chaleur seule a droit à une heure de description, le travail une soirée et la vie en caserne des jours et des jours de contes incroyables. Je lui demande toujours de me répéter la nuit où celui qui était de corvée de cuisine a confondu un bidon d'eau avec un bidon de kérosène et qu'ils ont quand-même mangé la popote au goût de fuel.

Mais tout le monde n'a pas fait le légionnaire. Alors d'autres ont des histoires non moins passionnantes. Jalal est intarissable sur ses enfants, un vrai papa-poule qui fait la lecture avec sa fille par téléphone, prend de leurs nouvelles régulièrement, leur parle comme un pote. Jalal, ce grand ours en peluche sur lequel je m'appuie en descendant une pente abrupte, ce grand frère qui sait ce que j'aime manger et fait les courses pour moi à la patisserie, cet expert en communication avec les "autorités locales" (nous dirons comme ça). A lui seul il est une légende.

Les cigarettes sont grillées sous le ciel de Marrakech. Les tajines sont gaiement partagés. Et les contes égrenés comme un chapelet de prières, de fierté et de gratitude. Et ça, c'est la baraka de

شرك الطعام

في سيدنا رمضان

Wednesday, September 19, 2007

C'est Abbas!

SM le Roi Mohammed VI a reçu, mercredi après-midi au Palais Royal de Rabat, M. Abbas El Fassi, que le Souverain a nommé Premier ministre. (MAP)

Sunday, September 16, 2007

Petit Déj catalan


Life is a gypsy

Et nous avons décidé d'acheter des planches. Des mini-malibu pour surfer les jours de pluie. Mes essuie-glaces oculaires ne marchent qu'occasionnellement. Par volonté. Et entre les vagues et les gouttelettes d'eau céleste, je te vois parfaitement, nettement. Dans la clarté du gris. Mon souvenir de toi est immuable, fort comme un roc, doux comme la pluie d'été qu'on n'a pas envie de voir s'arrêter, chaud comme votre origine. Ma tendresse, mon amour pour toi, n'ont ni une ride, ni une hésitation.
"Ma ptite ingénieure en blouse!" j'ai crié en m'élançant vers elle.
Comment peux-tu travailler dans les semi-conducteurs alors que tu es faite pour une carrière d'océanologue, de pédiatre, de cosmonaute?
J'ai rajouté des bouts de turquoise à tes poignets déjà chargés de bleu.
Sur la route, j'ai bu ton récit, tout ce que j'ai raté. J'aurais dû appeler plus souvent..C'est à dire plus d'une fois par mois. Mais tu me pardonnes, on ne sait plus pourquoi. Je sourie bêtement en avalant mon Kinder Bueno. Le même sentiment qu'il y a dix ans et ce n'est pas près de changer, puisque nous mêmes, on n'a pas été fichues de changer. Mais qu'est ce que c'est bon, les amitiés d'une vie.

Saturday, September 15, 2007

Pause


Let's cruise together
'cause I need to take that ride
I'm on top of the world
'Cause you're the sweet salt of mine

(S)Election naturelle

Un jour, la chatte borgne a débarqué dans le jardin. Elle avait très faim. Son regard est tellement puissant qu'il compte pour deux yeux. Elle ressemble à beaucoup d'humains qui portent les cicatrices de chaque claque de leur vie sur leurs visages. Je voudrais savoir comment elle est devenue borgne. C'est de la pure curiosité car je déteste les chats.
Quelques jours après l'arrivée de la borgne, quatre chatons blancs ont été enfantés par/sur le gazon. Ils étaient minuscules et très mignons, mais tellement agaçants par leurs miaulements. Et ça bien sûr, c'est ma pure objectivité qui parle.
L'ennui avec les chats, c'est que ça n'est jamais rassasié. Et quand ça n'est jamais rassasié, ça pousse des petits miaulements sournois qui se glissent dans votre boîte crânienne quand vous rêvez de Jude Law en face de vous dans un ascenseur bloqué pour quelques heures. Qu'est ce que j'ai rêvé d'une déportation massive de ces chats, surtout vers ces hordes de gentilles personnes qui poussent des "ah" et des "oh" lorsqu'ils voient ces créatures aux regard fixé sur le mode "pitié please". Or je n'en fais pas partie.
Je me suis longtemps demandée pourquoi les chats restaient chez nous alors que ni mes parents ni moi n'aimons les animaux domestiques (surtout depuis que mes cinq chiens ont sérieusement endommagé les fleurs du printemps, il y a XXX années), jusqu'à ce que je découvre un stock de nourriture pour chats dans la cuisine.
La tribu féline évolue en toute quiétude bougeant ses petites pattes seulement pour éviter le passage des voitures et ne perturbant plus ses siestes en me voyant arriver. Peut-être qu'il est temps de leur donner des noms. Peut-être est-il temps pour moi de dire: "Et finalement, je n'ai rien raté". Les élections sur lesquelles on a palabré pendant des semaines, les débats sur lesquels on s'est excités, les candidats sur lesquels on a écumé des centaines d'adjectifs, le tout a été lavé par les premières pluies d'automne.
J'avais demandé à être là pour la couverture. Je voulais faire des carnets de campagne dans la campagne. Je ne voulais pas faire de rewrite des reportages des autres. Et finalement, le jour J, j'étais à 2000 kilomètres d'ici à me morfondre de ne pas pouvoir "accomplir mon devoir civique" et à m'impatienter de finir le tournage pour me brancher sur 2M. Mon équipe était aussi impatiente que moi. On s'est précipités au snack "Le Sirocco" où on a dû affronter une horde de fans de rugby qui suivaient un match en direct. Plus tard, c'était à un film marocain que l'on a eu droit, au lieu des news du pays. Ma seule satisfaction est de ne pas avoir été poussée au devant de la caméra pour ces fameux "duplex" où on donne les infos en direct. Finalement, c'est par téléphone que nous avons eu les résultats préliminaires. Je ne sais pas à quoi je m'attendais exactement mais les nombres de sièges par partis m'ont déconcertée. En attendant de savoir qui (de Mansouri, Ghellab, Douiri and co) sera premier ministre, je me sens comme un des chatons, grattant à la porte d'entrée. Vivement une bonne nouvelle.

Friday, August 31, 2007

Thursday, August 30, 2007

Retour vers le futur

J'ai reçu une carte postale aujourd'hui. J'adore les cartes postales. Je n'ai pas eu le temps d'envoyer les cartes que j'ai achetées et écrites quand j'étais en vacances, mais j'apprécie l'effort de ceux qui m'en envoient. Je les accroche dans ma chambre ou je les dépose dans des tiroirs qui conservent mes correspondances écrites depuis des années, lettres, mots d'amour et acceptations d'écoles compris. Je soupçonne un de mes parents d'en avoir fait sa lecture préférée accompagnant la dégustation de feqqass l'après-midi. Une lecture inattendue, à rebondissements, à épisodes, à secrets. Mais qu'importe. Les lettres forgent la jeunesse. Les lettres sont les voyages de la jeunesse. Faites le lien. Et la mienne est forgée, depuis assez longtemps je pense. Aujourd'hui, un gosse sur un tournage m'a appelée "khalti" et ce coup de vieux m'a effrayée. Je fixe tous les matins avec effroi le commencement de début d'esquisse de reflet de cheveu blanc. Mon dieu, je dois changer de métier. A moi les cours de pilates! Le retour à Berkeley s'impose!
Après-demain, cela fera un an, un an que miss Naj' a pris ses cliques et ses claques de New-York pour embarquer pour le Maroc. C'était une décision difficile à prendre, car impliquant une série d'autres décisions, aussi douloureuses qu'irréversibles. Mais pas de regrets. L'année est passée à une vitesse fulgurante. Mes journées sont pleines, explosives, stressantes et bourrées d'amour, comme je les aime. Tout ce qu'il faut à la rock star que je suis, en attendant un nouveau départ..

Monday, August 27, 2007

Liaisons dangereuses

A vos marques. Partez! La campagne électorale a commencé et avec elle, des centaines de petites infos croustillantes, qu'il faut savoir dénicher dans les paragraphes les moins mis en valeur dans les plus petits des journaux locaux.
Mais aujourd'hui, il n'a pas fallu chercher longtemps. C'est dans la rubriques "dbs" (de bonnes sources) de l'Economiste que l'on apprend que le candidat SAP El Himma lance un bulletin d'informations pour couvrir la campagne. Et l'Economiste de préciser que c'est El Himma qui signera son éditorial mais que l'équipe éditoriale sera chapeautée par Bachir Znagui, le réd chef de Yaoumiyat Nass. "D'ailleurs, une partie de ces journalistes a été mobilisée".
Je ne sais pas pour vous, mais j'ai vraiment eu du mal à les imaginer travailler ensemble.
L'ancien ministre délégué à l'Intérieur avec le militant de gauche, ancien redchef de Libération, membre du SNPM, c'est quand-même un mélange déconcertant. Et surtout, je me demande comment l'après-élections sera géré, en matière de circulation de l'information entre les "cercles exécutifs" et une partie de la presse.
UPDATE: Karim Douichi ferait également partie de l'équipe.

Mort de Driss Basri

Driss Basri est mort ce matin à Paris. Paix à son âme. C'est tout ce qu'on peut lui souhaiter.

Wednesday, August 22, 2007

Med Blues

J'ai entendu aujourd'hui à la radio, sur l'émission "Blouse Blanche" du Dr Anwar Cherkaoui, que 700 cas de cancers de l'enfant étaient recensés chaque année au Maroc. 100 millions de dirhams annuellement seraient suffisants pour prendre en charge le traitement de ces enfants. Dérisoire. Et pourtant inexistant.
De même, le responsable d'oncologie qui s'exprimait sur les ondes disait qu'il n'y avait pas de psychologues affectés aux différents services d'oncologie. Les infirmières et les médecins jouent les deux, tentent d'être à l'écoute des enfants et des parents. Pathétique.

Friday, August 10, 2007

In charge

La déconnexion du monde ne pouvait qu'avoir lieu dans une soucoupe volante. Je l'ai demandée en blanc, ma nouvelle couleur préférée, celle du rien, du plein, du câlin, car pas agressive, pas passive, à diffusion de paix massive.
La navigation s'est faite sur mode pilotage automatique. Bien évidemment. Dans mes rêves, je courais pieds nus. C'est le chemin de la guérison. J'ai perdu mes pantoufles sur les traces de tes pas.

Le sel de la mer, le chaud des gouttes de pluie, le vent qui gonfle les jupes, les talons qui résonnent sur les pavés, les horloges momentanément arrêtées, des seins qui séduisent les pupilles, des chemises déboutonnées, des sens qui réaprennent à fonctionner.

De la soucoupe, j'ai vu des milliers de soleils éclipser des choses qui n'ont pas pu être prises avec soi. Et tous les jours, l'apprentissage de l'abandon, total de son être, en discussion ininterrompue avec tes silences à toi. On cloud number 8.

Saturday, July 21, 2007

Thursday, July 19, 2007

Driving me nuts

Les jours se suivent et se ressemblent presque. Frénétiquement. Et pourtant. Et pourtant, il fait beau et bon. Et pourtant, je suis aux news. Et pourtant, mon frère est là. Non, il est parti. Et l'autre? Et pourtant, mes orteils sont à l'air et je vois la mer...du train.
J'arrive à un spectacle et il est déjà terminé. La dame porte son bébé endormi dans ses bras. Pourtant, j'ai couru. Comment se fait-il que je ne perde pas de poids avec tout le footing qui fait mes journées?
Un kitty sur la route des Zaërs. Seul sur la chaussée. Et toutes les voitures qui le frôlent. La mienne compris. Je ne m'arrête pas pour les chatons en détresse.
Les ruelles de Fès. Les tanneurs presque nus se rinçant dans cette eau rouge, qui a elle-même besoin d'être lavée. Un garçon avec un tee-shirt "i ♥ new-york". L'autre me lance: "L'Europe t'a changée". Je n'ai plus envie du nougat de Fès. J'ai changé mon frère et je te ris à la gueule.
Le croissant de Rajab. Le croissant de chez Paul. Les oeufs brouillés au saumon de chez Paul et mes trois visiteuses inattendues. Est-ce que le Maroc va vous plaire? Est-ce que mon Maroc va vous plaire? Inconsciemment, je fais du saupoudrage de beau sur des bâtiments de laideur. Et de misère.
C'est quand ton congé? Tu feras quoi? Tu mettras quoi? T'achèteras quoi? Tu prendras quoi comme photos? De quelle couleur sera ton vernis? Que raconteras-tu une fois de retour?
Des histoires d'amour par dizaines. Tous les jours. Des histoires d'amour d'une fraction de seconde. Ton livre. L'inconnu le plus beau du monde, debout devant toi dans le train. Des histoires d'amour provoquées, des histoires de personnes qui n'y croient plus. Des énergies perdues. Des âmes qui se traînent en peine. Des morceaux torturés en chaîne.
Des histoires de corps par milliers. Des corps qui ne s'aiment pas. Des corps qui ne veulent pas se regarder. Des corps qui se veulent, des corps qui se touchent, des corps qui se reniflent, des corps qui ne disent rien. Des chandelles. You lit them with your smile.
Des histoires de départs. Passés. Présents. Futurs. Des histoires d'espoirs. Des histoires de devoirs. Non voulus, obligatoires, dérisoires. Des histoires d'aller et retour. Des certitudes que l'herbe est plus gazonnée ailleurs. Car plus arrosée, assurément.
Des liens qui te font mal. Des destinations qui te font saliver. Des articles qui te font pâmer. Des projets où t'aurais pu naviguer. Des nuits courtes, des nuits chaudes, des nuits agitées. Des réveils forcés. Des réveils qui se ressemblent. Mais toujours plus beaux.

Thursday, July 05, 2007

Rainbow over Amman



© Mais

Cancers

Il y a des jours comme ça où la lecture de la presse se fait dans une douleur silencieuse, comme si chaque mot était un poignard qu'on vous enfonce dans la poitrine.
Je ne suis pas abonnée au NYT online, mais je lis Friedman traduit en arabe sur Asharq Al Awsat. Malheureusement, aujourd'hui, je n'ai pas trop de choses à lui répondre.

بالتأكيد، ليس كل المسلمين إرهابيين ولكن الملاحظ أن كل المهاجمين
الانتحاريين هم مسلمون. فالنرويجيون الغاضبون لن يقوموا بذلك ولا الأفارقة الجوعى
أو المكسيكيون العاطلون عن العمل. على المسلمين أن يفهموا أن جذور ثقافة الموت وصلت
إلى صميم دينهم، وهي تبحث عن تغذية مثل خلايا السرطان.
هذا السرطان راح يدمر
المعايير الأولية للمدنية. وفي العراق رأينا مهاجمين انتحاريين يفجرون أنفسهم وسط
الجنازات وداخل المدارس. وفي انجلترا، كان سبعة من الثمانية المحتجزين في المخطط
الإرهابي الأخير هم أطباء مسلمون أو طلبة طب. أطباء يخططون لارتكاب أعمال قتل
جماعي؟ هل يمكن تخيل ذلك؟ وإذا لم يتمكن الزعماء المسلمون من إزالة هذا السرطان،
فإنه سينتشر، ليشوه معه سمعة المسلمين الأبرياء ويسمم علاقاتهم مع بقية العالم.

Wednesday, June 27, 2007

Une minute de pub siouplait!

Les attentats de mars et d'avril dernier ont des allures de cauchemars dans votre tête?
Les attentats de mai 2005 un goût de souffre dans la bouche?
Les mots kamikazes marocains, GICM, Hay Farah, un charabia que vous n'avez pas encore digéré?
Regardez Grand Angle de ce jeudi 28 juin, à 22h10. Ma collègue Selma Mhaoud a concocté un 52 minutes sur la Science et le Terrorisme. Bombes artisanales, graphologie, profils psychologiques, toile des cellules terroristes. L'armada investigative sera déployée pour mieux expliquer. En bonus spécial pack fidélité, des Men In Black bien de chez nous, en lunettes de soleil "incognito" très rigolottes.

Tuesday, June 26, 2007

From the Sword to the sword

L'anoblissement samedi de Salman Rushdie par la reine d'Angleterre a sans surprise été suivi de réactions de par le monde contre ce nouveau "témoignage d'hostilité occidental" à l'Islam. Mais l'info était bien moins intéressante que la décision d'une poignée de Oulémas du Pakistan de donner à Ben Laden le titre de "saif al islam" سيف الإسلام en tant que Khalid Ibn Al Walid des temps modernes. Le plus dangeureux, comme le souligne Taoufik Bouachrine, c'est le fait de conférer une légitimité aux actes du cerveau d'Al Qaïda en le présentant comme un "résistant" devant les "ennemis" de la religion. J'ai beau essayer de comprendre comment ces Oulémas réfléchissent. Mais il est clair qu'ils n'ont vraiment, mais alors là vraiment pas conscience de la portée de leurs décisions.

Friday, June 22, 2007

Balcon Atlantico

Larache, springtime

Dans la tête d'Administrakovich

Pour les besoins du travail (et certainement pas par plaisir masochiste), j'ai dû me déplacer ce matin dans un de ces temples kafkaïens aux relents de zénitude exacerbée que sont les ministères marocains. Un gentil agent de sécurité moustachu m'informe que la personne que je cherche- et qui ne répond ni au fixe ni au portable depuis plusieurs jours- est au 4ème étage. "L'ascenseur est en panne", me prévient-il, avec un grand sourire en me remettant mon badge "visiteur".
Haletante au bout de l'ascension du mont administratif, j'interromps malgré moi la discussion enjouée de deux gaillards postés derrière un bureau. Oui? Mademoiselle Flana Allah yikhellik. Ah, elle n'est pas encore là. Il était 9h30, je décide d'adresser ma requête à un autre service.
Au bout d'un labyrinthe de chemins aussi gais que le couloir de la mort, un bureau -Allelujah!- ouvert. Trois assistantes accoudée, assise, debout, discutent de ce qui semble être un défilé de caftans. Poliment (admirez l'adverbe), j'expose mon problème. L'assise me dit de courir rattraper le monsieur qui vient de passer derrière mon dos. Ce que je fais. Après un détour par un autre bureau, il m'accueille dans son antichambre au style décoratif minimaliste avec vue sur un chantier d'immeuble très haut standing. Le haut fonctionnaire prend ses airs les plus désolés suivis de soupirs éloquents lorsque je lui pose des questions d'une simplicité infantine sur le département qu'il dirige. "Mais tout ce que je vous dis, c'est en off hein!", répète-t-il, en descendant allègrement ses collègues tandis que je le rassure par la non présence d'une caméra. Le gentleman m'expédie ensuite vers le service juridique, qui aura "la solution de tous mes maux". La dame du service juridique est en elle-même une perle pour laquelle je ne trouve pas d'adjectifs. Elle m'a reluquée de haut en bas et inversement avant de me dire, texto: "il n'existe pas de textes à ce sujet-là". Ce à quoi je réponds: "il y a bien le dahir de 1928 amendé en 1965 avec lequel vous travaillez". "Mmmh, iwa ce n'est pas un texte de notre ministère".
Je prends mon mal en patience, observe mes ongles, relis mes notes alors que la dame déchire deux pages d'un rapport relié. Je n'ai pas osé lui dire qu'on pouvait ouvrir la reliure et remplacer les documents par de nouvelles pages, au lieu de les insérer comme elle l'a fait. De temps à autre, Mme la perle crie: "Mohameeeed". Le mot résonne dans le couloir de la mort. Sans réponse.
Lorsque le Mohamed en question revient enfin du magma où il était plongé, il lance: "voilà, oustada, les documents que vous m'avez demandé". Les documents étant -roulement de tambours- des photocopies de grilles de mots fléchés, qu'elle tente de cacher. Elle reprend en disant que les textes que je cherche sont dans une armoire dont seul M. J. a la clé. M. J. était introuvable au moment des faits. Il a dû être avalé par un extraterrestre au détour d'un couloir.
J'ai traîné toute ma peine et mon dégoût jusqu'à la station de train. Encore une matinée de perdue.

Thursday, June 21, 2007

Ridiculous

39% de taux de réussite au bac (1ère session). Une "augmentation" de 6%. Je me souviens que ma promotion était à 93%. What's f**** wrong with our system?
N.B: En france, il est de 81%.

Tuesday, June 19, 2007

True colors


Blessings are deserved.
Ca me fait sourire de voir à quel point je te semble forte. "Semble" parce que je ne sais pas, en fait, à quel point je pourrais l'être. On se donne mille chantiers de nous-mêmes à attaquer à la tronçonneuse, à la perceuse, à affiner à la ponceuse, puis on s'oublie dans nos aventures extraordinaires du quotidien et on ne sait plus où on est arrivé. Si on est arrivé quelque part.

Changeons-nous vraiment? Aux yeux de nos proches, le jugement est déjà fait, irréversible. Vous avez beau vous prouver des choses, gagner le roller contest du quartier, sauter en parachute, vous êtes le petit canard qui est tombé de sa bicyclette un jour.

Je l'ai dit à ma douce amie, celle qui ne voulait pas faire le pas, celle que l'on ne croyait pas capable de déployer ses petites nageoises rousses, à contre-courant. Je voyais ses yeux d'azur à travers le téléphone. On te voit ange royal, tu seras la raie invisible, et si puissante. Tu t'es relevée de ta bicylette.

Hier, on parlait de Nothing else matters. Rien que les premières notes me font frémir aujourd'hui. Je revendique le droit de ne plus vouloir l'entendre sur la plage, autour d'une guitare. Je réclame de pouvoir me défaire de tout ce qui nous a autrefois fait sentir qu'on existait, juste parce qu'on s'émeuvait des mêmes choses. Je te l'ai dit: pourquoi vouloir regarder la pustule si elle a déjà éclaté? Je n'ai pas plus joli comme image à te soumettre, pour que tu me comprennes.

Pas plus ennuyeux que cette image lisse que nous avons les uns des autres. Je choisis le chemin inverse. Ton trouble n'a d'égal que le cristal de ton rire.

Pourquoi sommes-nous si obsédés par l'image que nous reflétons de nous-mêmes? On a parlé de moi sur un autre tournage, on a demandé de mes nouvelles, on a laissé un comment signé moi sur un autre blog, on a dit que c'était une erreur que ce retour, on a décidé que c'était ainsi, que ma voie était tracée. "On" revient comme le chorus de Nothing Else Matters, que je ne veux plus entendre.
Photo © Mr. T

Thursday, June 07, 2007

Aaaaaah si je pouvais...


Bac: le tamis

Ce matin, dans la voiture, les informations sur Medi1 me rappellent qu'aujourd'hui, c'était le début des épreuves du bac pour 300.000 Marocains. Le journaliste soulignait que nous avions beaucoup moins de candidats qu'en Algérie et proportionnellement moins qu'en Tunisie. "Nous sommes tellement à la traîne", a lancé, avec dépit, mon analyste préféré.
Le bac...J'ai eu le coeur serré un moment, pas par nostalgie, mais par solidarité avec ces milliers de jeunes qui allaient suer de l'encre aujourd'hui. Qui sont-ils? Ont-ils peur? Sont-ils stressés? Vont-ils tricher? Est-ce que c'est important pour eux? Que vont-ils faire s'ils l'ont? Combien d'entre eux soutiennent mordicus que leur avenir est ailleurs, de l'autre côté de la mer, ou de l'océan? Combien sont complètement paumés? Combien pleurent à l'idée de pourrir en fac? Combien vont être forcés de partir dans une direction ou une autre? Combien vont saigner leurs familles à blanc pour s'inscrire en école privée? Sur combien d'entre eux va-t-on pouvoir compter?
En 98, je ne me posais pas tellement de questions. C'était le bac, mais une année comme les autres, question coefficients. Les cours étaient franchement faciles, il n'y avait pas de (mal)chance de rater quoi que ce soit.
En 98, tout ce que je savais, c'était que je voulais faire une école de cinéma.
En 98, le bac était le SMIG culturel, comme on disait. Une formalité de passage. Un tampon "accepted" dans l'hémisphère des adultes, un affranchissement du status de gosse de lycée.
En 98, je m'enfermais dans ma chambre pendant des heures, simulant l'attitude studieuse. Je mettais la TV en mode mute. Je suivais avidement la Coupe du Monde, je n'arrivais à me concentrer sur rien. Mes yeux étaient fixés sur les Azzurri dans leurs lycras bleus moulants. Vieri, Inzaghi, Toldo, Baggio, Del Piero. Ces demi-dieux m'offraient une sorte de best-of du calcio. Quelle déception que leur élimination!
C'étaient les derniers jours de Madé. Elle allait mal. Elle baissait les bras. Elle avait glissé, dans la salle de bain je crois. S'était cassée le fémur. Le docteur a dit que c'était trop dangereux de l'opérer. Ca l'a tuée lentement, d'être clouée au lit. Elle perdait la tête, la notion du temps. Elle m'appelait, me confondait avec Béa, me demandait de l'aider à mettre ses sandales. Comment lui expliquer que non, personne ne passe la prendre pour aller pique-niquer; que P.G. est mort, il y a longtemps. Les autres aussi. L'impuissance. J'étais la jeunesse impuissante. Impuissante à pleurer.
C'était sûrement l'épreuve la plus mémorable du bac. Je garde mon brouillon des épreuves de philo et de français. Le reste est dans le tiroir des souvenirs incolores, inodores et indolores. Et c'est tant mieux. Bonne chance, les SMIGards, d'ici et d'ailleurs.

Sunday, June 03, 2007

US Consulate open again

C'est officiel. C'est demain, 4 juin, que le consulat américain à Casablanca rouvre ses portes.
Il était temps.

Retrouvailles tardives


Bientôt, on se retrouvera
Toi et moi, sans témoins
Et alors tu verras
Comme mon chagrin
Sera loin

Escales

A Taza, la première chose qui m'a marquée était l'air pur. La seconde: l'organisation d'une conférence nationale sur les entorses du genou chez les sportifs. Je me suis dit que cette ville avait forcément du potentiel. On m'a parlée d'une source d'eau naturelle encore plus pure que l'air mais je n'ai pas eu l'occasion d'aller à sa recherche. Mais j'ai fait la rencontre d'un monsieur au coeur immaculé. Un grand-père comme on voudrait tous en avoir, un monument de gentillesse et de douceur qui sera mon repère pour un bout de temps. Comme quoi il me faut si peu d'indices pour rejoindre le fan club d'un Gandhi local.
A Taza, mes cerises n'ont pas été asphyxiées par un pesticide. Mes papilles en remercient les autorités agriculturales du coin.
Ma chambre d'hôtel donnait sur une immensité d'arides monticules. De l'autre côté, une famille d'oliviers bordait le chemin de fer. Vers trois heures du matin, le passage en fanfare du train en direction d'Oujda m'a donnée de nouvelles -et solides- raisons de le détester pour l'éternité.
La route de Marrakech était ponctuée de commentaires sur la nouvelle autoroute. Son prix, son parcours, ses aires de repos inexistantes. Il faisait chaud. Ismaïl rêvait de bières glacées, de camping sur une falaise, de collection de bouchons dans le sable, d'orteils à l'air, de fraîcheur, de fraîcheur, rien d'autre. Je n'aurais pas dit non si ce n'était ce planning d'homme d'affaires japonais. En chemin vers nos interviewés pleins de charme et de talent, nous avons dû affronter l'horreur qu'est la circulation à Marrakech (quel courage, ces journalistes, quelle abnégation), faire un check-up complet du menu de Bejguendi, Ouazzani et confrères, entendre un millionième gosse crier "Studio 2M!!!!", saluer un énième gendarme, nous gourer à une centième intersection, sortir un brillantissime sourire d'excuses à notre invité, pour enfin savourer le plus puissant des bonheurs de cette profession: la rencontre de gens de qualité.
Reprise des hostilités demain.

Revue de e-presse

Sur le site de Marianne aujourd'hui, notre blogoma nationale fait du bruit. L'article revient sur l'épisode Youtube et la mobilisation des bloggeurs contre la censure. En comparaison avec nos amis Egyptiens et Tunisiens, "les Marocains vivraient presque dans un cyber-paradis".
La mobilisation contre le bloquage de Youtube, c'est bien. Se remuer les phalanges pour d'autres dossiers brûlants, c'est mieux.

Saturday, May 26, 2007

A mes amis

J'ai -encore une fois- perdu mon téléphone. On tombe sur ma boîte vocale en essayant de me joindre. J'ai très peu de numéros d'enregistrés (d')ailleurs. Voilà, ça, c'était pour les justifications de disparition.

Prière d'envoyer nimirous par email.

Friday, May 25, 2007

Friday Stardom

8h du matin. Je descends du petit taxi qui m'a conduite au boulot. Je tends mon sac et un sachet pour la fouille pré-entrée. Un gardien de la sécurité: "khti, khti, l'entrée pour les gens de Studio 2M, c'est de l'autre porte".

Non mais!

UPDATE: 15h00. Une fille (parmi une foule de djeunes) me demande si j'ai été sélectionnée. Ca devient pathétique.

Tuesday, May 22, 2007

Média-métrie

Grande émotion aux funérailles de Benzekri. Couverture médiatique intense. Mais quand je vois qu'un journal comme Al Ittihad Al Ichtiraki réserve seulement une manchette au décès de bba Driss, alors qu'un journal comme Assabah, sans appartenance à la gauche (ou à la droite, etc), sans histoire, sans legs, sans sans sans..., lui réserve sa vraie une (Al Ittihad faisait sa vraie une sur les médicaments), je ne comprends réellement pas. Où est la solidarité entre militants de gauche?(même différents idéologiquement) Où est l'appui -indirect- aux victimes des années de plomb?
Je m'emporte peut-être pour rien. Pas grave.

Monday, May 21, 2007

Disparition

Je viens d'apprendre à l'instant le décès de Driss Benzekri. Malgré la polémique soulevée par les dossiers instance et réconciliation, je pense que c'était un grand bonhomme. Paix à son âme.

Sunday, May 20, 2007

Autoflagellation

You will do no harm..
Il y avait ce type qui jardinait. Enfin, il ne jardinait pas au sens romantique de la chose, à affiner des rosiers. Il coupait des rangées de bougainvilliers. Et son travail était net, précis, rangé, ordonné, magnifique. Et dans ma tête, ce n'était que ronces, ronces et chardons. A croire que chacune de mes neuronnes prend naissance dans une épine. Ou l'inverse.
J'avançais toujours, le clac du sécateur, le clac du sécateur, la pensée du contact avec le sécateur, il ne peut être que doux, définitif, sans questions, sans réponses.
Je suis déçue. On a le droit de vouloir être une personne correcte. Et le devoir de s'en vouloir lorsqu'on manque de l'être.

Thursday, May 17, 2007

Fatwalogie

Les musulmans sont confrontés à différents types de questions sur leur vie quotidienne, commençant par les 3ibadate, passant par les mariages, les comportements de tous les jours, l'usure, etc. Mais lorsque je vois ce genre de discussion monopoliser l'attention des Cheikhs de l'Azhar, je remets en question beaucoup, beaucoup de choses.

Sunday, May 13, 2007

One year ago, déjà

One year ago, I ran out of my house, in high heels. I was late, as usual. I missed the bus. I was late. I started watching for a cab. No cabs. But a familiar face in a car passing by. EMILIAAAAA. Here I am, in her car, smiling to her parents. We're late.

Everybody's already here. Apart from Josef maybe, but that's not a surprise. Everybody's here and it seems like a normal day. But it's our day. And we can afford being silly, smiling too much, teasing each other. Yeah, we're grown-ups in caps and gowns. We're done. We did it. We're done and only a happy few know where they will be the week after. But jealousy can wait.

Cameras flashing everywhere. We're the stars today. We're gonna change this world, make your news, make you smile, make you dance, make you scream, make you cry in front of your TV. You're gonna read us on your way to work, stuck between an old Chinese lady and a huge bouncer, in the subway. You will look for the bylines, envy the reporter who spent one week at the Moulin Rouge just to give you the scoop. We will be brave for you. We will be merciless for you. We'll fight, we'll call, re-call, ask, re-ask, insist, just to give you the little extra.

But for now, we're taking one more picture, one more smile. My TV class is the best. There's no doubt for me. I can't help thinking that, for our instructors, it's just one more class. But, come on, aren't we special, aren't we the funniest, the wit, the ugly, the cool?

I don't look at pictures that much.The ones that count are in my thoughts and in my emails. One year. It seems like childhood.

Tuesday, May 08, 2007

Kattouss Marrakchi

Ils étaient tellement mignons...Je parlais au téléphone, donc pas moyen d'être plus stable.

Diplomaties

La décision de l'ambassade américaine de fermer -pour une durée indéterminée- ses locaux à Casablanca, ne peut être perçue que comme une véritable giffle, comme l'a dit Abdelmounaïm Dilami dans L'Economiste d'hier. Personnellement, je pense que les dernières explosions sur le Bd Moulay Youssef étaient loin de démontrer que les terroristes visaient les "intérêts américains". De là à demander aux Marocains souhaitant se rendre aux USA de dorénavant addresser leurs demandes aux consulats de Tunis ou de Madrid (les plus proches), je trouve cela totalement aberrant.
De même, que le gouvernement marocain ne riposte pas par le moindre petit communiqué, la plus timide des déclarations, alors que les intérêts de beaucoup de ses étudiants, de ses cadres, de ses citoyens, s'en retrouvent écrasés par le mastodonte fantôme sécuritaire, n'est pas de très bon augure pour le futur.

Saturday, May 05, 2007

Petite annonce classée

Je suis à Marrakech pour la semaine, couvrant un festival sur le Soufisme, et tentant de trouver ma Voie.
Et le dialogue entre les religions, l'entente par l'amour, vous y croyez, vous?

Tuesday, May 01, 2007

Micro-confiture

Dans le taxi, le livre du défunt Stephen Hughes sur les genoux. Le livre est d'abord naturellement pris par le taximan, sans autorisation, examiné de près, puis:
- C'est quoi ce livre?
- ...
- Le Maroc de Hassan II...Hassan II, un grand bonhomme. C'est mon héros, vraiment.
- ...
- C'est qui qui l'a écrit? Stephen..MMMH, un Américain?
- Non, un Anglais, me semble-t-il.
- Ah oui! Je vois, je vois, un très vieux bonhomme, c'est ça?
- Oui oui. Il vivait à Rabat depuis des décennies.
- Mais je le connais bien sûr! C'est un grand ami, il vit sur Zerktouni, près de la mosquée. On se connaît très bien.
- ...
- Je le vois souvent. Il était venu jouer de la musique au Maroc puis il est resté. Un grand bonhomme. Pas aussi immense que Hassan II, mais un graaaand bonhomme.
- ...

La culture my friend, la culture.

Thursday, April 26, 2007

April's fool


Dehors, c’est le printemps. Trop chaud le soir. Je me retourne dans mon lit en me disant que je devrais nager très bientôt sans quoi mes nageoires feront bientôt place à de vrais muscles d’humains.
Dehors c’est le printemps et les hirondelles ne sont pas seulement dans les poèmes.
Sur la route de Larache, nous avions mis Mami à fond. Il y avait des coquelicots partout. Des taches de sang dans la verdure. J’aurais tellement voulu m’arrêter à côté de My Bousselham, donner à mes narines un peu d’air salé. Pas le temps. Trop enfoncée dans de minables accrochages, de minables détails, de médiocres personnages, de mesquines entailles qui te bouffent jusqu'à l'os. Et tu étouffes. Et t'en as rien à foutre qu'il fasse beau, qu'il neige, qu'il pleuve. A l'intérieur de toi, tu n'es que tempête. Ca orage. Avantage à l'ennemi. Et avantage à la pluie torrentielle qui s'abat sur ton pare-brise. Tu vois que dalle. Même pas la lumière au bout du tunnel. Tu pestes contre les éléments. Tu solitudes, tu certitudes et tu confusionnes alors qu'ailleurs, on s'enivre de Bizet. Tu en chiales de rage. Tu apprécies les draps propres de l'hôtel, la douche interminable, le silence. Tu es le légume du couscous, l'airbag, le parloir de prison. Tu es le doute incarné. Tu es l'ultimatum quotidien. Tu es la peur de la tombe d'Uma dans Kill Bill. Tu n'es rien. Même ton sommeil n'a plus rien de paisible. C'est le printemps and I'm such a fool for you. L'hirondelle te le dira elle-même.

Thursday, April 19, 2007

Cannes 2007


Je frémis de plaisir à la pensée de ce 60ème festival de Cannes.
Imaginez la divine Diane Kruger en hôtesse. Un jury présidé par Stephen Frears. Une ouverture de Wong Kar Wai. Une sélection officielle avec Tarantino, Fincher, Gus Van Sant, les frères Coen, Kusturica.
Je me damnerais pour y être!

© Joann Sfar

Wednesday, April 18, 2007

Proxima estacion: esperanza


Hard,raw,penetrating

Je me souviens très bien du jour où ce bonhomme d'AOL était venu nous voir avec, dans son attaché-case, un projet révolutionnaire: une nouvelle conception de ce que devraient dorénavant être les journalistes, des bloggers bien informés, réactifs, avec des moyens. Un myspace mieux fait que myspace, avec des news, des vidéos qu'on aurait pris nous-mêmes. On n'avait pas été plus emballés que ça, les doux rêveurs que nous sommes finalement préférant le vrai journalisme (sic!), les chemins de fer et l'encre aux doigts, le montage de et sur de vraies cassettes, le débat sur les médiums chauds et froids comme si Mc Luhan allait ressurgir de ses cendres demain. Toujours est-il que le projet a bien vu le jour. Il s'appelle News Bloggers. Son slogan:"Hard news, raw opinions, penetrating materials". Hier, un des anciens camarades de classe du boucher de Virginia Tech, a pris la liberté de publier d'anciens écrits de Cho Seung-Hui, qualifiés de"dérangeants". Je n'ai pas trop accroché à la lecture de ces pièces. Par contre, j'apprécie l'espace virtuel offert par le net pour télécharger des documents, laisser place aux commentaires (même si ceux-ci sont désolants de médiocrité) et donner la possibilité d'actualiser, rectifier, améliorer ou simplement passer à autre chose tout simplement.

Micro-économie

Dans le taxi:
- Si Karim Ghellab n'arrange pas les choses, ce n'est pas une grève d'un jour qu'on va avoir, mais plutôt une grève de cinq!
- Qu'est ce qui se passe encore?
- Les oignons sont à 180 rials! (9 DH)
- Ce n'était pas retombé après la fin de la grève?
- C'est resté au même niveau, même après la fin de la grève! C'est scandaleux! A ce prix-là, ghadi nkhedder b bocadillos!

Tuesday, April 17, 2007

Carnage

Incompréhensible massacre à Virginia Tech. Depuis hier, rien que d'y penser, j'en ai la chair de poule. Que s'est-il passé dans la tête de cet étudiant de 23 ans? Je ne veux même pas allumer CNN pour entendre les diarrhées verbales d'"experts" et de psychologues, encadrants éducatifs, cousin du voisin du frère du bonhomme, etc. Mais tout comme je ne comprends pas nos "suicide-bombers domestiques", je suis dans l'ignorance complète quant à ce remake en puissance de Colombine.
Nothing makes sense to me anymore..

Saturday, April 14, 2007

Bis repetita

J'enduisais de Kiri mon appétissant bout de 7archa lorsque notre discussion de bon matin sur le métier a été interrompu par un coup de fil de sa soeur. Celle-ci, en voiture, mit la radio à fond pour que l'on puisse écouter le flash d'informations: deux kamikazes se sont faits exploser sur le Bd Moulay Youssef, au centre de Casa. Une femme a été blessée. Branle-bas de combat, elle et moi nous ruant sur nos téléphones rerspectifs pour confirmer la nouvelle chez nos sources privilégiées: d'autres journalistes généralement bien, très bien informés. Confirmation. Abandon de 7archa wa mouchtaqqatouha. Nous voici dans la voiture tentant de faire notre chemin à travers la circulation pour arriver près des lieux de l'explosion. On m'a prévenue qu'on ne laissait personne entrer derrière le cordon de sécurité. Tant pis.
Quelle folie que de se faire exploser en plein centre-ville. J'ai eu une pensée particulière pour tous les parents des enfants qui étudient samedi matin au centre-ville, prenant généralement des cours de langue.
Ouais bon, là, ça se rapproche, de "nous" quoi. Et l'insidieuse paranoia de me chuchoter: "loto, à qui le tour".

Thursday, April 12, 2007

L'hécatombe continue

10h55. On annonce un nouvel attentat-suicide à Hay Al Farah.

UPDATE: finalement, arrestation seulement de "deux éléments suspects". La paranoïa me ronge anyway.

Tuesday, April 10, 2007

UPDATE- Nouvel attentat suicide

(AFP) Une femme kamikaze s'est fait exploser mardi après-midi dans le quartier de Casablanca où un premier attentat suicide avait eu lieu tôt le matin, a constaté un journaliste de l'AFP. Au milieu de la rue se trouvait un corps de femme, déchiqueté. Un autre corps gisait à côté de la femme sans que l'on puisse savoir s'il s'agissait d'un mort ou d'un blessé.

Sangriando adentro

Encore un suicide bomber dans nos rues. Je viens de voir les rushes du reportage dont revient Hassan Benrabeh. Un quartier quadrillé, celui d'Al Fida. Une fumée rouge à l'aube, selon les témoins. Un corps déchiqueté par l'explosion de la ceinture d'explosifs qu'il portait sur lui. J'ai vu ses intestins, sa moelle épinière, éparpillés, puis sa tête, de l'autre côté d'une terrasse. On dit que ce serait le frère de Abdelfettah Raidi, qui s'était fait exploser le 11 mars dans un cyber-café de Casa.
Un blessé par balle, mort à l'hôpital, Mohamed Mentala, alias Warda.
Un troisième serait en fuite.
On parle de 7 suspects qui auraient pris la clé des champs.
Ce Maroc me fait de plus en plus peur.

Saturday, April 07, 2007

E-lections

Oyez oyez citoyens, le ministère de l'Intérieur a mis en place un site dédié aux élections de Septembre 2007. Ce site a pour objectif de répondre à toutes les questions que se posent les citoyens sur les élections législatives. Un espace documents offre la possibilité de télécharger lois et décrets relatifs à l'organisation du scrutin. Un excellent point pour la vérification de l'inscription en ligne. En introduisant mon numéro de CIN, ma date de naissance et mon nom de famille, j'ai pu accéder à ma fiche personnelle sur le site.
L'espace "échange" est, quant à lui, toujours en construction..

Thursday, April 05, 2007

Smile of the day

Quelqu'un a envoyé un fax hier à l'adresse de Najlae, émission "Grand Ongle". Fallait y penser.

Tuesday, April 03, 2007

Du présent au passé simple, l'adieu au père, au grand-père

Driss Chraibi. Celui qu'on ne se lasse pas de relire. Celui qui vous arrache des sourires en parlant de la seconde guerre mondiale et de l'occupation. Celui qui se met à nu pour mieux vous rappeler vous-même. Celui qu'on aime, sans Goncourt, sans Nobel, juste en format poche. Celui qu'on aimera encore longtemps, toujours, en ce qui me concerne.

«L'homme naît, vit ce qu'il vit et puis meurt. Il faut être prêt pour la mort comme pour la naissance
Driss Chraïbi, dans Une enquête au pays

Saturday, March 31, 2007

Clair-Obscur


Le goût des autres

Je suis vidée. Il se passe trop de choses devant mes yeux, trop de voix dans ma tête, trop de monde, des ombres, des gens qui poussent de partout.
Pourtant, ce matin, tout allait plutôt lentement, malgré l'effervescence à la gare. Un visage familier près du kiosque, un eye-contact que j'ai voulu éviter, mais mon sourire m'a trahie. Comment ne pas se réfugier entre deux wagons pour mimer la chorégraphie de Put your hands up for Detroit? Un bonheur.
Puis c'était l'attente. L'attente sur l'autoroute. Les voitures qui passent, les cars qui passent, les taxis qui passent, les camions qui roulent, sous tes yeux. Tu pourrais cracher dessus, mais le remake de Titanic sera pour un autre jour. Peut-être.
Puis c'était la foule violette. Compacte. Indécise. Le bruit. Le tourbillon. Le soleil. Le sentiment que des ridules se creusent dans ton visage à vue d'oeil, seconde par seconde, mot par mot. Avant, tu ne trouvais pas le courage d'acheter une bouteille d'eau à l'épicerie. Et là, c'est comme si ce métier te donnait une armure à enfiler tous les matins. You gotta do what you gotta do. Tu fonces tête levée comme si tu avais la science infuse en globules additionnelles. Tu fronces les sourcils lorsqu'un curieux veut se mêler. Tu ne veux pas rater de détail. Et à force d'y réfléchir, tu finis par en rater.
J'ai vu la jalousie aujourd'hui. Trop de fois.
J'ai vu deux amitiés sincères se nouer devant mes yeux.
J'ai vu un homme embrasser la main d'un autre, par amour. Pas celui des désirs, mais celui du respect, de l'admiration.
J'ai vu de la peinture fraîche qui n'a pas fait disparaître le macabre. J'aurais voulu que le chat me raconte.
C'est bizarre. Parfois, je sens que je vis par procuration.

Sunday, March 25, 2007

Only happy in the sun


Did you find

What you were after

The pain and the laughter

Brought you to your knees.


Yes.

Au rapport

Je n'ose pas croire que ma connexion ne se soit pas arrêtée en une heure. Que soient loués les aïeux de l'employé Maroc Telecom venu cet après-midi porter secours à un débit agonisant crachant quelques pages -et encore!- une heure par jour.
Semaine éprouvante; travaillant toujours sur le plan stratégique "connaître le Maroc rue par rue". Cette fois-ci, on a mis le cap sur Larache, ma première fois dans cette agréable petite ville. Fameux Balcon Atlantico. Poisson délicieux. Extraordinaire vue de Khmiss Sahel, où les vallées semblent plonger directement dans l'océan. Où commence le bleu, où s'arrête le vert. Pas le temps de s'oublier, il faut déjà passer à autre chose.
Je n'arrête pas de me poser des questions sur ce job. Parfois, je sens que le côté charogne domine. Je suis toujours très mal à l'aise de rentrer chez les gens, pratiquement violer leur intimité, même si je n'ai jamais connu de résistance, so far. Au contraire, les gens sont très accueillants. S'ils ne sont pas très à l'aise au début, ils le sont plus tard. Ils semblent même y prendre plaisir, narrent leurs vies comme des épisodes de feuilleton égyptien. Mais pour moi, porter cela à l'écran -comme pour le reportage qui passera jeudi- est un acte de schizophrénie assumé épisodiquement. Seulement épisodiquement. Je sens clairement que les magazines étaient un bon choix pour moi. Pas question de braquer un micro sur quelqu'un pour arracher une déclaration qui passe au 12h45. Ô frisson d'effroi.
Bien sûr, il y a des fous rires en série, lorsque quelqu'un bloque sur un mot, lorsqu'un interviewé dit totalement le contraire de ce qu'il devrait, lorsqu'on s'emmêle dans les câbles XLR moi, le cameraman et le preneur de son,...Aujourd'hui, un caïd surgit de nulle part, un grain de semoule au coin des lèvres, des babouches aux pieds, pour voir ce que "douzième" mijotait dans le coin. D'autres barbouzes nous croient aveugles, nous suivent à longueur de journée. On se réveille le matin pour trouver un moqaddem penché sur la plaque d'immatriculation de la 4*4 et notant soigneusement le numéro sur son calepin. Un autre d'jeune se présente comme un inspecteur de police et m'assure de leur volonté de garantir notre sécurité pour toute la durée de notre séjour. Choukrane a khouya.
Dix mille contraintes font miroiter la paix relative que l'on a en presse écrite. Parfois en radio aussi. Mais j'imagine que c'est pour ces mêmes contraintes que la satisfaction du travail n'en est finalement que plus grande.

Friday, March 16, 2007

The Unforgiven

Je suis une lâche. Une lâche qui n'a plus de patience pour les imbéciles.
Je suis une aveugle sélective. Non, je ne t'ai pas vu sur le quai de la gare ce matin. J'avais les yeux plongés dans une photo très gore de la cage thoracique du kamikaze du 11 mars. Je ne t'ai pas vu sourire, converser, fumer une énième cigarette avant de monter dans le monstre grondant.
Je suis une sourde occasionnelle qui ne prend pas la peine de répondre au téléphone si le correspondant ne fait pas jaillir une étincelle de tendresse, d'admiration, d'intérêt (exception faite du trop-plein de boulot et d'une cabine de montage sans réseau).
Je suis une lâche. Je suis une lâche à la sensibilité exacerbée. Et déçue.
How did the warmest blizzard turn into a desert of emptiness? There's no way I can allow mediocrity to slowly swallow pieces of my universe. That's why today, I erased your birthday from my calendar.

Wednesday, March 14, 2007

Journalism freshner

Je les revois encore marcher ensemble dans le courtyard de l'école, les yeux dans les yeux, la démarche légère, des sourires d'enfants. Anna, "bent Berkeley" par excellence. Ses parents, hippies, avaient fait le tour du monde l'emmenant par l'occasion au Maroc, où elle goûtera "les yaourts les plus délicieux du monde". Jon, aussi brillant que discret, se réveillait seulement sur le dance-floor (mémorable soirée Halloween), ou venait partager avec nous ses impressions après son docu post-tsunami.
Anna et Jon partagent une passion pour les reportages internationaux. Maintenant qu'ils ont terminé leurs études et fait leurs preuves, ils ont décidé de se lancer dans une aventure particulière: ils ont acheté leur propre matériel audio-visuel et vont faire le tour du monde, à la Kevin Sites, puis vendre leurs reportages. Le Soudan, la Tanzanie, le Bangladesh, l'Indonésie, le Népal, la RD du Congo seront leurs étapes, entre autres.
Plus de détails à cette adresse: http://www.backpackjournalist.org/

Tuesday, March 06, 2007

Sandrider


Ghostrider

En sortant du train, le pas pressé et l'échine courbée devant le vent du matin, je me suis trouvée face à face avec un sosie de mon cousin Yousr.
J'ai encore trois photos de nous bébés, dans la même baignoire orange, avec nos peaux rosées et douces, nos deux dents visibles à l'éclat de rire, conversant dans un langage incompréhensible et si évident. Dans la photo, la main d'une dame, penchée sur nous. Je ne sais pas qui ça peut être. Ma mère. La sienne. A l'époque, ça ne faisait aucune différence.
Yousr et moi n'avions que quelques mois de différence. Des presque-jumeaux. Le même niveau d'études. Il vivait à Salé, moi à Rabat. Les weekends, je sais qu'on va se voir, réviser ensemble, parler du dernier épisode du Captain Majid, prendre le goûter ensemble, se courir après dans le jardin, jouer avec le chien, aux raquettes, au foot, boire beaucoup de soda, faire de la bicyclette, escalader le mur de ma chambre et sauter du plafond sur mon lit, échapper à une de nos mères nous courant après avec un balai, nous traitant de tous les noms de zoizos non-domestiqués, suer, salir nos pantalons, faire face au monstre qui se cache dans les entrailles de la cave puis remonter les escaliers en criant de terreur, énerver Madé à force de courir derrière elle, s'effondrer sur le tapis et faire L'Homme de Vitruve en parlant de nos amourettes de l'école primaire.
Tout ça m'est revenu alors que je continuais de marcher dans la gare, en une fraction de seconde, en 35 mm, en slow motion. Toutes ces images, ces couleurs, ces sons étaient emmagasinés quelque part dans mon disque dur, en fichier caché et verrouillé.
Je ne l'ai pas revu depuis l'année du bac. J'ai entendu dire qu'il avait fait de la théologie, qu'il porte une barbe, qu'on l'appelle le fqih maintenant. Je me demande s'il me prendrait dans ses bras si je le croisais dans une rue aujourd'hui. Sûrement pas. Et moi, traverserai-je le canyon qui nous sépare désormais, pour le prendre dans les miens?