La différence entre la première classe et la deuxième classe, c'est l'odeur. Rien d'autre.
Le début pour moi du Grand Casablanca sur l'autoroute, c'est la décharge de Mohammédia, pour laquelle on a choisi la plus jolie vallée de la région: "la vallée du bonheur", comme l'appelle ma tante. Au dessus, un éternel nuage de drôles de zoizos qui
ghezzez les carcasses. La vallée du bonheur commence à puer un peu avant, puis longtemps après. Je le regrette profondément.
L'odeur, c'est la frontière invisible entre Rabat et Casa.
Quelque part entre les deux justement, Jamaica, un bidonville qui n'a de spécial que le nom. Paske pour le reste, ben, tous les bidonvilles se ressemblent. Ici, l'excentricité du moment est le tarissement de la source du coin. Pour remplir son bidon, faut migrer vers un autre bindonville, où on les fait payer 50 centimes. Une fortune. Milouda m'a dit qu'on pouvait s'accomoder de la puanteur des déchets mais pas de la soif. A un moment, une association a été créée dans le coin, Milouda a vu le bout du tunnel. La fontaine ne devait plus être loin. Mais pas pour longtemps. L'association a déposé un dossier auprès de l'INDH et le douar s'est vu assorti d'un...joli terrain de foot. Alors maintenant, nuit et jour, le ballon frappe inlassablement la tôle. A Jamaica, la jouissance du sport doit forcément vous faire oublier la nuisance polyforme.
Pour les responsables du coin, à situation illégale dommages collatéraux. Je pense que c'est une opinion à géométrie variable puisque bientôt, les communales!
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