Wednesday, April 05, 2006

Flash-back trilingue

Je suis dans le métro parisien. Il est environ 17h30 et Emily et moi avons fini par baisser les bras. Nous rentrons bredouilles de Clichy, où Fatah nous a fait languir toute la journée sans nous accorder d'interview à la fin. Je suis passée des menaces aux supplications aux techniques de persuasion rationnelles, mais c'est le niet complet. Le trépied et les accessoires sont lourds. Nous faisons le tour de la ville plusieurs fois, parfois en prenant des petits sentiers. J'ai oublié mes gants et mes mains sont gelées et gercées. On s'est "reposées" en accueillant les courant d'air sur les gradins du terrain de foot. Lorsque le jour a commencé à tomber, nous avons repris le bus, silencieuses, pour la station du RER.
Nous nous quittâmes à Magenta. Je dors les yeux ouverts en marchant, évitant, bousculant, me frayant une petite place. A côté de moi, un jeune est penché sur un petit carnet, de ceux sur lesquels moul l7anoute au Maroc note les ardoises de chacun. Même si j'avais voulu faire ma curieuse, j'aurais pas pu jeter un oeil tellement je suis épuisée. Mes épaules sont cassées et je redoute déjà le changement aux Halles.
Le jeune homme m'agrippe de l'épaule et mes yeux globuleux se retournent vers lui alors qu'il me montre un mot dans le carnet. Les pages du dit carnet sont divisées en trois colonnes: une de mots en indien, une en français et une en sons phonétiques. Je lui explique le premier mot et il le répète après moi. La majorité des termes sont des mots médicaux. Il m'explique en anglais qu'il est étudiant en pharmacie et qu'il doit apprendre tous les mots. Son carnet est rempli de la première à la dernière page et le pauvre bourge répète des mots après moi, réécrit un son phonétique, met l'explication en anglais entre parenthèses. Je n'en reviens pas. Je suis fascinée par autant de volonté et de persévérance. Je me demande comment il avale les énormes polycopes, moi qui baisse les bras si vite.
Je lui balance trois mots en indien (les seuls que je connais) en quittant le train. Et je me décide à être plus courageuse et travailleuse dans l'avenir.
Un quart d'heure plus tard, chez ma chèvre préférée, je dormais déjà.

6 comments:

jiji said...

qui t a dit qu on avale des polycopes???nenni que nenni...que des demonstrations mathematiques et des enonces metaphysiques:)

Najlae said...

jiji> ah ouais,merde alors. ton metier a perdu du peu de vernis que j'avais pour lui.;p loool
tavais pas des zenormes polycopes l'ete? si,jen suis certaine :p

meriem said...

waw, c'est vrai que c'est toujours impressionnant de voir des gens qui ont énormément de volonté.
Je connais une fille dont le père est décédé la veille de son examen final, et elle l'a passé et réussi, alors que moi il me suffit que je me casse un ongle pour capituler...
y'a des jours où je me dis heureusement qu'on n'a plus à faire face à la sélection naturelle ;)

LB said...

Il m'arrive d'avoir une volonté de béton, mais rarement. Une fois par an max, je choisis un objectif, et je fais tout pour réussir, no matter what, au risque de me ruiner la santé ou le moral. Après avoir atteint mon but, je ne fais plus rien , mais vraiment rien, un vrai légume, en attendant un nouveau challenge.

Loula la nomade said...

NajNaj, seras-tu sur la côte ouest en octobre? Might go there so let me know.
Mwah

Najlae said...

mimi> eh ben..ca me fait me sentir si nulle et pleurnicharde :p

LB> same here, believe me..

Loula> malheureusement,rien n'est sur...we'll talk by email xoxo