Friday, March 24, 2006

Je suis dans ma période Murmures. Chut, pas un cri, pas un sanglot, juste des murmures.
Alors, dans le bus, je murmure "sorry", lorsque je cogne quelqu'un de mon sac à dos DDP toujours trop chargé. Je murmure "thank you" au chauffeur du bus. Pas grave s'il ne l'entend pas, est-ce que ça aurait égayé sa journée pour autant? A l'école, j'écarquille les yeux en murmurant "hi" parce que je ne veux pas de questions sur comment j'ai survécu là-bas dans la banlieue. Et dans l'avion, "water" ou "apple juice" est juste mimé à l'hôtesse de l'air. Tu n'as qu'à comprendre. Ne me force pas à dire, à crier, à articuler, à gesticuler. J'aime quand juste un geste suffit.
Et là, dans le couloir, à côté des Unes du Monde, du Post et du China Daily, une odeur m'a frappée au visage, presque renversée. L'odeur de la maison de la ferme! Toi ici? Comment! Je me retourne, je renifle. La même odeur, orientaliste, occidentaliste, du moite, de l'humide, du boisé, du renfermé, de l'oublié, du caché, du mémorisé, du sauvé, du négligé. Dans la cheminée, il y avait un feu, autrefois. Veux-tu sortir dehors, la où le soleil est éblouissant et les moustiques piquent les jambes nues? Oui, tu mordilleras les tiges des fleurs jaunes, celles qui poussent après la pluie.
Je veux des murmures qui veulent dire des choses, des marshmallows écrasés entre les doigts parce qu'il y a toujours plus mou que mou. Je veux lui dire que ce n'est pas parce qu'elle a souffert et souffert longtemps qu'elle a le droit d'être vache, très vache, sauter sur sa licorne unicorne et faire mal "parce que si j'ai survécu à autant de tristesse, tout le monde peut survivre à mes flèches". Je me fous que ce que je dise n'ait aucun sens. Je n'en cherche aucun. Je cherche juste les murmures qui apaisent.

14 comments:

LB said...

J'avais mis tant d'espoir dans une amitié stérile et ca s'est fracassé pour un rien. Preuve que ce n'était pas une amitié du tout.

J'avais pas le moral ce matin.Mais en prenant le metro je tombe sur un sdf? en tout cas un type completement bourré qui jouait la guitare comme un dieu. Bon, il avait la voix rauque, mais il dégageait tant de joie et de bonne humeur que les visages vides autour de moi sont devenus vivants et j'ai souri toute la journée.

" close your eyes and I'll kiss you..."

Najlae said...

lb> merci pour ce-que-tu-sais,un vrai baume.
j'arrete pas de chanter inside,meme qd je passe a cote de musiciens. Keep smiling. My eyes are closed,I'm waiting for the kiss :)

Anonymous said...

interdependance is a higher value than dépendance

Najlae said...

anonymous> give urself a name. then i can reply.

Anonymous said...

sorry some letters are missing : interdependance is a higher value than independance

lb said...

MOUAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
bien baveux

slurrrppp hahahahah

Anonymous said...

if i could give a name should i choose to be anonymous ? Just passing by

Najlae said...

anonymous> so what if u r just passing by! pfff whatever...

Anonymous said...

black berry

Najlae said...

ok black berry. i agree with what you said. Interdependance is truly better than independance. But for that, you have to find the real alchemy between two people. Otherwise, it's just better to be alone.
Btw, what in my post made you think about interdependance or independence?

Loula la nomade said...

I Love it, Najlae! You are indeed a writer with such sensitivity. I talked about you today to somebody I don't even know, I was listening to some music and your name came up because I was listening to one of the tunes you sent me.
Mwah Zwina dialna

Najlae said...

Loula,
J'ai 10000 questions pour toi: who? what? where? when and how? and more importantly: how are you?
Thanks for being such a beautiful reader and giving me the pride of being a nice reading for you.
Big mwah. Pensé a toi a Paname.

black Berry said...

Najlae < ur previous post and that despressin blues that burden ur soul. Agree with the alchemy theory

antoine said...

Naljae > U seem stormy inside Naljae. On ne peut se changer soi-même. Il faut faire le dos rond et attendre que le moi fasse la paix avec le surmoi.