Wednesday, March 15, 2006

mixed-grill

Depuis qu'il s'était installé aux Etats-Unis, Ali avait une tradition annuelle: avec trois amis marocains, il allait un weekend à la montagne en voiture. Ensemble, ils parlaient Marocain, se remémoraient des choses, racontaient des blagues cochon et skiaient à volonté. Même s'ils pouvaient se permettre de bons restaurants, ils s'accordaient le luxe de cuisiner dans la cabine un petit tajine, le récipient étant toujours dans le sac de voyage de Ali. Faouzi, le seul célibataire de la bande, gâchait toujours l'ambiance en disant qu'il préférait rester seul que de se marier à une Américaine car ce "mariage-là n'avait ni odeur ni saveur et était voué à l'échec". Les trois autres s'enflammaient, défendaient, tempéraient mais n'arrivaient pas à le convaincre. Ali finissait par calmer les choses ou les raviver de nouveau en parlant de l'équipe nationale.
Le deuxième soir, après une partie de X-Box (soccer international tournament) de plus de trois heures, les quatre compères ressentirent un léger "creux", le creux en question nécessitant au moins un tagine pour être comblé, Ali se dévoua, pas par gentillesse, mais juste parce qu'il cuisinait le mieux et ne voulait pas risquer une indigestion de nuit. Son téléphone sonna, il colla le portable contre sa joue en touillant: "hey baby, do you miss me that much?"
De l'autre côté de l'état, Annie parlait d'une voix nerveuse. Elle était partie à une soirée où elle avait trop bu. A la fin de la conversation, elle pleurait doucement.
à suivre

7 comments:

Amine said...

"Oh mais...mais... mais... pourquoi Annie pleurait-elle?" Que s'est-il donc passé dans cet état d'ébriété?
:-)
Cusiner dans la cabine un petit tagine... Quelle cabine? Elle arrive toute seule dans le décor, plouf sans prévenir... C'est en voiture ou en Mobile Home qu'ils partent à la montagne?

Se raconter les blagues cochons, en darija dans le texte: ah, j'avoue, c'est un pêché mignon, que je savoure à chaque fois que je retrouve 3 de mes potes conteurs de blagues.... on a à chaque fois une 50 aines de nouvelles blagues chacun, et ça finit en larmes et avec des crampes dans le ventre, les traits du visage tirés pour plusiers jours par tant de rires...



Ton parlant, en parlant de tagine, vivant avec Annie, etc etc... me semble, sans plagiat pour autant, être un hommage à l'inspecteur Ali de Driss Chraïbi... SImple coïncidence?

Amine said...

Oops "Ton parlant" (zezako), je voulais dire "Ton Ali"
Ecrit dans la précicipitation... :-(

LB said...

Hey Naj!

Amine> j'aime beaucoup les commentaires que tu laisses ici et je visite de plus en plus ton blog. Mais alors j'arrive pas à te laisser des commentaires. That pisses me off.

antoine said...

Najlae> je pense qu'un ordre chronologique aiderait à démeler l'écheveau. La scène montagne survient-elle après celle de Ali qui rentre chez lui ? Si c'est le cas, il faudrait encore savoir si ce dernier a fait preuve de méchanceté volontaire en en servant cette réponse détachée (aux relents de Tagine) à Annie. May be Ali était juste dans son trip (copains) et n'a pas réalisé le besoin d'affection exprimé par sa douce à ce moment-là. Tout comme Annie n'a pas perçu l'inquiétude qui sourd du coeur de Ali dans le premier cas.
L'un comme l'autre pourrait dire (extrait d'une chanson) :
•Where were you when I was burned and broken
•While the days slipped by from my window watching
•Where were you when I was hurt and I was... helpless
•Because the things you say and the things you do surround me
•While you were hanging yourself on someone else's words
•Dying to believe in what you heard
•I was staring straight into the shining sun

Bref, on pourrait conclure lapidairement que c l'histoire de l'arroseur arrosé, mais la vie est l'amour sont plus complexes que cela.

Amine > Je donnerais cher pour un moment avec mes potes à l'heure actuelle.

N.O.S. said...

Let your tears come... Let them water your soul (Eileen Mayhew)


The new version of my blog is now available Nahloula
http://stoonami.blogspot.com

biz

Najlae said...

amine> be patient :) la cabine;c la sorte de châlet de ski. Inspecteur Ali;j'y ai pas du tout pensé.


lb> mwahhh ;)

antoine> la montagne;c'est avant. c la "chose qui le taraude". il n'y avait pas de réponse détachée,au contraire;c'est tendre et affectueux. et oui,c'est plus complexe que cela.


nos> happy to read you dear;but don't forget hatred doesn't disappear with hatred.

N.O.S. said...

and that's our everlasting point of diversion.

bits of a picture look insignificant if taken individually, but once put together one sees the ugliness and cruelty of "reality". All i'm doing i putting these bits together into a whole, whether liked or disliked, this remains reality,my reality as I and MANY SEE IT, and somebody's "reality" is another's fiction and lies... you might not agree with my vision of reality, that's your right, but what you call "hatred" is in "reality" (my reality) "Love", the love of an underrepresented "self", of an unheard "self", of a frustrated "self"...

Hatred: an affection of the mind awakened by something regarded as evil (source : Wikitionary of Wikipedia)

peace