Friday, December 16, 2005

Flashback- Eté 2000

Ce soir, c'est le concert de 113 et de Salome de Bahia. Je suis surexcitée. La Star a fait le déplacement de Casa à Skhirat pour déposer le bouquet d'oeillets, la boîte de chocolats et trois invits pour le Beach, en espérant que "je m'amuse". Je m'amuserai; t'inquiètes.
Il n'y a que Youssef, le z3er, avec qui je veux (et peux) bien aller à Bouznika. Je me demande à quoi ressemblera sa fiancée du jour. Comme d'hab' lorsqu'il s'agit de sortir, il est à l'heure, mais on doit aller récupérer sa copine du soir et sa meilleure amie. Youssef porte un tee-shirt noir manches longues avec un dragon doré dessus et enchaîne les cigarettes en appuyant sur le champignon. Son piercing à la langue est visible à chaque mot et sa copine de la soirée, je le sais, ne résistera pas longtemps. Pour l'instant, la miss, 17 ans, arrange son make-up avec sa copine à l'arrière. Comme d'hab', je sais que ce n'est pas la peine d'entamer une quelconque conversation, n'ayant rien en commun. Alors je me tais et j'écoute.
Arrivés au Lieu, des centaines de pélerins sont amassés devant le portail et je ne résiste pas au rythme dès les escaliers. Salome de Bahia est encore mieux en live et 113 provoque un karaoké géant et des déhanchements de fous.
Une des demoiselles de la soirée a trop forcé sur l'Absolut. Elle ne tient presque pas debout devant un beau gosse, la trentaine, qui lui offre de la "raccompagner" sur Rabat. Elle lui sourit bêtement et lui dit:"tu es beau, toi, tu es beau". Youssef ne veut pas prendre de risques, il essaie de parler au gentleman, qui insiste sur son honnêteté indiscutable. Le gentleman est flanqué d'un autre bonhomme chauve entouré de bodyguards. Je la sens pas cette histoire. Le jour pointe et la demoiselle en détresse s'acroche au beau gosse. On la traîne presque de force dans la voiture et on démarre, pour être arrêtés un kilomètre plus tard par deux voitures qui nous bloquent le chemin. Je prends peur. Le beau gosse sort de la voiture et demande à la fille de descendre. Elle est tellement ivre qu'elle commence à débiter des déclarations d'amour et descend tituber à ses pieds. Le beau gosse ouvre le coffre de la première voiture, une décapotable blanche suspecte. Je descends et je vois ce coffre plutôt bien organisé: bouteilles d'alcool, pilules qui ressemblent à de l'ecsta et...magazines porno.
Les bodyguards pourraient nous manger tous crus. Je me crois dans un cauchemar et essaie de parler à la fille pour qu'elle remonte dans la voiture, mais elle n'a d'yeux que pour le mastodonte. On trouve un compromis au bout d'une demi-heure sur cette route poussiéreuse: elle lui laisse son numéro de téléphone et lui promet de le voir le lendemain. Le chauve me fusille du regard.
Sur l'autoroute, Youssef rit à gorge déployée alors que mes genoux tremblent toujours. Je maudis ces sorties qui tournent bizarrement. Youssef rit moins lorsque la demoiselle insiste pour s'arrêter au milieu de nulle part pour faire pipi. Elle est tellement out qu'elle sort de la voiture, s'agenouille et relève sa jupe le plus naturellement du monde.Des voitures passent. Youssef fume debout contre la portière. Il est 6h du matin et je monte péniblement les marches de la maison en repensant à cette histoire. Je décide de ne pas aller dormir. Je me change et descends goûter à la fraîcheur de la mer de bon matin. Dans l'eau, je fais la planche en essayant de me laver le cerveau de la crasse de la soirée. J'ai revu le chauve cet été, au Platinium. La voiture blanche est toujours garée à l'extérieur d'un coin "in". Je parie que les revues n'ont pas changé d'endroit...

9 comments:

jiji said...

al que madruga dios le ayuda y al que dureme tampranito para madrugar, dios le ayuda aun mas;)

Najlae said...

iwa? ou hadak ki ne dort pas tot,keskil fait? :p
je croyais ke ce post allait t'attirer dotr genres de commentaires :)

Lady M said...

Ca me rappelle toutes ces histoires de viols collectifs qu'on racontait au lycée...
Ca me rappelle aussi les mecs qui se battaient avec des sabres à la Kasbah en 1995-1996...
De ce coté là, j'ai l'impression que ca a changé, en mieux, non ?

Najlae said...

M> wllah ma 3raft. je ne suis plus sure de rien...
Sbah el khir

Najlae said...

M> J'ai crame mes toasts ce soir. J'ai essaye ta musique mais j'ai plutot besoin de qq chose comme Sepultura :o

Sanaa said...

Que ce soit une histoire véridique ou le fruit d'une imagination débordante, cette scène est très bien décrite. Je l'imagine bien ds un court métrage. Tu devrais en parler à beyoud (en lui faisant un biou de ma part) :-)

Au fait, je te supplie de bien vouloir ns pondre le texte sur les vestiaires. (J'arrive de chez ton tonton) :-)

Najlae said...

Sanaa> c'est une histoire vraie,helas :p
Beyouf? wach ana lli qreb wella ntiya? :) jai fait le ptit truc en laissant a tonton le soin de detailler lambiance vestiaires ;) je cours de ce pas a son site

db said...

Je te vois, je sais ce que tu ressentirais .... belles journée soeurette ;)

Loula la nomade said...

Gee, Najlae, j'avais l'impression d'y être car j'ai vécu à peu près le même scénario, mais à Tanger.